Titeuf, c’est aussi pour les adultes

Comment je me vois le samedi soir depuis des mois

Le cinéma définit, d’après nos conceptions bien précises sur la chose (et un peu selon l’Académie française et son dictionnaire à jamais inachevé) un lieu de visionnage de films, ou par extension, l’industrie qui produit lesdites œuvres. Quand on songe au cinéma, on pense à Hollywood, aux strass, aux paillettes (ou à Christian Clavier, c’est selon). Les quelques intellos-cinéphiles dans notre entourage parleront de fictions asiatiques — mais étrangement peu de celles de Bollywood — ou de films de genre, voire des studios de Babelsberg. Les médias eux s’extasieront devant la rétrospective d’un.e obscur.e réalisateur.trice diffusée dans une petite salle parisienne ou s’interrogeront sur le fait que quelques actrices aient osé monter les marches de Cannes pieds nus. (Sérieusement, laissez les gens s’habiller comme iels veulent. S’il vous plait.) Mais personne ne vous parlera des séries de votre enfance.

Alors, théoriquement, l’article qui suit ne pourrait pas réellement entrer dans la sacro-sainte catégorie des « critiques de film », des rétrospectives ou même des comptes-rendus de festivals. (D’ailleurs, Unimix vous emmènera au FIFF cette année, ne ratez pas ça !)

Pourquoi ? Et bien parce que flûte ! Et aussi parce que, faute de pouvoir m’amuser en visionnant des nouvelles productions ou des classiques dans les salles obscures, j’ai recommencé à me nourrir visuellement et émotionnellement de dessins animés. (Paie ta déprime.)

C’est enfantin, peu développé intellectuellement, mais ça fait drôlement du bien.

Mesdames, Messieurs, voici une déclaration d’amour non sponsorisée à TFOU, CanalJ et Mabulle.

Les dessins animés de notre enfance : ces génériques inoubliables

On peut reprocher bien des choses aux génériques : trop longs, trop courts, entêtants ou au contraire, passablement moyens. Généralement, ils sont assez marquants, histoire que nos esprits ne puissent plus qu’assimiler une telle chanson à un tel film. On tente de donner une ambiance à ces sonorités qui devront alors nous laisser imaginer tendrement ce de quoi sera fait le film. Sincèrement, qui ne ressent pas un frisson en entendant un piano jouer ces quelques notes qui nous emmènent instantanément à Poudlard ? Ou n’assimile pas Hans Zimmerman à un gladiateur surprotéiné dans une arène en images de synthèse ? (Note qu’en vrai iels n’ont pas utilisé de fond vert pour le film.)

On a toustes vibré.e.s au moins une fois, et on vous voit, les fanatiques du Seigneur des Anneaux qui partent dans un délire quasi mystique sur May it be d’Enya.

S’il est admis de chantonner (ou plutôt massacrer — le commun des mortels étant plutôt de ce côté-là du lyrisme) Skyfall d’Adele, siffloter paisiblement qu’un jour vous serez le.a meilleur.e dresseur.euse de Pokémon vous fera passer, au mieux, pour un.e grand.e gamin.e, au pire, pour une personne potentiellement échapper d’Arkham.

Accepter que nous ayons tous et toutes gardé en nos mémoires un vague souvenir de ces musiques, c’est approuver que d’une certaine manière elles nous ont marqué.e.s. Un jour, l’enfant que nous étions s’est imaginé.e battant la campagne avec un cheptel de Carapuce ; et vous savez quoi ? C’est très bien !

Ces petites chansons de notre jeunesse nous trottent facilement dans la tête — elles débarquent d’ailleurs souvent sans crier gare (pendant un entretien d’embauche ou un cours de marketing) — et nous devons leur accorder un certain sens du rythme passablement captivant pour des marmots.

(On repassera pour les paroles dans certains cas, mais qu’est-ce que la poésie à 8 ans ?)

On peut même donner à certains thèmes musicaux un point particulier pour la capacité à promettre un dessin animé doux et rigolo avant de brutaliser nos espoirs enfantins avec des drames existentiels. Franchement, la chanson de Rémi sans famille, c’est de la publicité mensongère. On nous montre un bambin heureux qui court dans des nuages roses pleins de petites étincelles… Vous la sentez l’arnaque ?

Je suis sans famille.
Et je m’appelle Rémi
Et je me balade.
Avec tous mes amis.

Des mondes fantasmés mais des petit.e s aventuier.ère.s en devenir

Il faut cependant souligner que les dessins animés ont pu avoir tendance à présenter une vision de la société totalement déconnectée de la réalité. Dans ma lente, mais très claire régression télévisuelle (merci, le semi-confinement et le manque de contacts sociaux), il m’est souvent arrivé de m’offusquer des situations absurdes, voire totalement irréelles, dans lesquelles se retrouvent les personnages. Certes, les séries d’animation sont faites pour les enfants (et pas pour les adultes en quête de réconfort) et il est plus facile de faire croire au petit Mathéo, 7 ans, que les chats et les souris peuvent devenir proches qu’à des adultes. Mais nous devons tout de même souligner que certaines choses sont fondamentalement improbables et espérer que les enfants ne seront pas trop influencé.e.s par ce qu’iels voient à la télé. Florilèges :

  1. Dans Scooby-Doo, Sammy a toujours faim et est constamment victime d’hallucinations dues à sa consommation excessive de Scooby-snacks (fourrés à la drogue), mais ses ami.e.s ne semblent pas s’en inquiéter et le suivent sans souci dans ses délires. De même (et on ne va pas se mentir) dans la vraie vie, si un fantôme apparait dans le couloir de votre immeuble, vous fuyez. VRAIMENT. Vous ne partez pas chercher de quoi fabriquer un piège à ectoplasme pour finalement découvrir que votre concierge se déguise en mort-vivant pour récupérer le trésor enterrer dans la cave.
  2. À la fin de la série Marcelino pan et vino (attention, divulgâchage), le gamin meurt, emporté par le Christ crucifié qui prenait la poussière dans le grenier (personnellement je trouve ça très creepy). Pourtant, les seuls à avoir l’air un tantinet attristés sont les animaux de la forêt. Les moines s’en fichent, le prieur se contente de souligner que le jeune orphelin est allé rejoindre sa mère. MAIS UN PEU DE TRISTESSE, BON SANG. Croire à la résurrection le jour du Jugement dernier, d’accord, mais un tel manque de réaction, c’est particulièrement inquiétant.

Après, nous pourrions aussi insister sur le nombre assez gigantesque de dessins animés diffusés durant les émissions pour enfants qui ont tout pour attirer les petits (graphisme doux, couleurs chatoyantes), mais n’ont rien à faire dans les programmes qui leur sont dédiés.

Qui ? Qui est la personne totalement inconsciente qui s’est dit qu’Adventure Time était un bon dessin animé pour les mioches ?

Mais mis à part ces petites désillusions que l’âge adulte provoque face aux séances télé de notre jeunesse, il y avait tout de même de sacrées merveilles dans ces programmes et les moments de rêveries tout comme l’inspiration qu’ils nous offraient ne sont pas négligeables.

Qui n’a pas eu envie de faire de sa maison un palais pour petit.e.s pirates après un épisode de Fifi Brindacier ? Ou qui n’a pas transformé un carton de déménagement en vaisseau spatial pour rejoindre Albator dans les étoiles ?

Personnellement, je me souviens de deux dessins animés qui ont façonné mon imaginaire enfantin et qui aujourd’hui me replongent dans la douceur de mes samedis matin à l’école primaire. Je les regarde encore volontiers enroulée tel un sushi dans un plaid moelleux et pourrais même les pointer du doigt comme étant les facteurs déclenchants de ma passion pour l’histoire.

Dans les Mystérieuses cités d’or, on découvre les civilisations précolombiennes (avec un instant documentaire à la fin de chaque épisode). Certes, tout n’est pas exact ou crédible (comment Esteban, Zia et Tao parviennent-iels à communiquer ?) et les Olmèques ressemblent quand même drôlement à des personnages d’un « documentaire » sur History Channel après minuit.

Mais nous devons quand même donner un point à cette série pour nous permettre de visiter un autre continent et d’autres cultures que ce qui est usuellement présenté par les séries pour enfants et pour chercher à intéresser les plus jeunes à d’autres périodes historiques que le présent ou le temps des chevaliers.

Parlant de chevaliers, l’autre dessin animé qui m’a marqué est Rougemuraille. Basée sur les romans de l’anglais Brian Jacques, la série nous emmène dans un univers de fantasy animalière. Fleur-de-maïs, Matthias et leur fils Mattiméo vivent dans un Moyen Âge haut en couleur. Sans quitter le caractère enfantin de l’histoire (c’est un dessin animé avec des animaux en armure, tout de même), la série n’omet toutefois pas les côtés sombres de la vie et les personnages peuvent ainsi mourir à l’écran ou connaitre de graves accidents (la famille du héros a, par exemple, été tuée lors d’un incendie).

(Pour voir l’épisode 1, c’est par ici : https://www.youtube.com/watch?v=Qy6oM3NufpU)

(Après, il reste quand même l’énigme de Courage le chien froussard. Plutôt qu’une machine à rêve, ce programme était une vraie usine à cauchemar pour la poule mouillée que j’étais.)

Je pourrais écrire encore plusieurs paragraphes pour vanter l’importance des dessins animés pour les enfants comme pour les adultes, mais il me semble que cet article est déjà bien trop long et qu’il part, ma foi, dans tous les sens.

Je ne dirai plus que deux choses. La première, c’est qu’en ces temps de culture agonisante, si les dessins animés sont toujours un moyen pour les plus jeunes de découvrir le monde, ils sont actuellement, pour les grands, une manière de se reconnecter avec une part de leur être faite de rêves et de candeur, à défaut de vivre la catharsis du théâtre ou l’excitation du grand écran.

Et deuxièmement, sachez que quoi qu’il arrive, Albator veille sur la galaxie !

Anouck Fellay

« Tan lejos de Dios, tan cerca de los Estados Unidos »

Alfonso Cuarón, les Aztèques, la Tequila, le Sombrero : le Mexique et ses merveilles ne semblent avoir de secret pour personne. « Pour un bon guacamole, il faut rajouter un shot de tequila dedans : un délice ! » vous expliquera Xavier, designer freelance de 36 ans qui aura passé 2 semaines en Amérique Latine en 2004. Après avoir vu « Amores Perros » d’Alejandro Iñarritu, il vous servira également un de ses monologues dont il a le secret, prétendant avoir compris les aspirations, ambitions et messages du cinéma mexicain. Mais qu’est-ce qu’il y connaît vraiment ?  A priori, autant que moi : pas grand-chose !

Guillermo del Toro — Wikipédia
Guillermo del Toro a ravi les fans de cinéma présents en nombre lors de sa Masterclass

S’il était nécessaire que je le réalise, la Masterclass donnée dimanche soir par le fantasque réalisateur Guillermo del Toro, organisée par le Festival International de Films de Fribourg et modérée par Frédéric Maire, directeur de la cinémathèque suisse, a remis, en un peu plus d’une heure, l’église au milieu du village. En duplex d’Hollywood, où il termine la postproduction de son dernier film, l’homme derrière la caméra de chefs d’œuvres tels que « La Forme de l’Eau » ou « Le Labyrinthe de Pan » a délivré un cours magistral sur l’histoire si méconnue du cinéma mexicain. Lui et ses congénères, comme Alfonso Cuarón, ont grandi dans un univers de mixité culturel que la mondialisation et la démocratisation de la télévision ont aidé à promouvoir : des dessins-animés japonais, des films de guerre américains, la publicité à outrance ou encore les comics. Ainsi, ces influences multiples se retrouvent au sein de chaque long-métrage comme tout au long de sa filmographie, passant de « Hellboy » à « La Forme de l’Eau », avec un détour par « Pacific Rim ». Ce dernier est d’ailleurs l’exemple parfait de la relation étroite que le cinéma mexicain a toujours entretenue avec Hollywood. Comme son prédécesseur Roberto Gavaldón, Guillermo del Toro a souvent collaboré avec le pays voisin. Comme dit l’adage mexicain, « Tan lejos de Dios, tan cerca de los Estados Unidos » (« Si loin de Dieu, si proche des Etats-Unis »).

« Au Mexique, le mélodrame est toujours très brutal et sauvage » confiait del Toro. Dès lors, ce n’est pas la sensation coup-de-poing de cette année,
« New Order », qui lui donnera tort. Réalisé par Michel Franco et sorti en 2020, le film nous plonge, tout du moins au début, dans les paillettes et faux-semblants de la haute société mexicaine. C’est au cœur d’un mariage huppé que fait irruption la révolution, portée par les victimes de l’inégalité sociale. Pas de demi-mesure, pas de discours larmoyant sur les regrets des aisés lorsqu’un flingue leur est posé sur la tempe, pas d’échanges de bons procédés. Dans ce futur proche et dystopique, Michel Franco ne fait pas de prisonniers. Ou, tout du moins, pas pour longtemps.

New Order - Movie Details, Film Cast, Genre & Rating
Naian Gonzalez Norvind dans l’uppercut « New Order » de Michel Franco

Si sa violence peut déranger, elle est néanmoins le reflet sauvage et animal d’une colère totalement humaine. Peut-être que ce qui fait le plus peur, ce n’est pas le bruit des balles ou la brutalité de certaines scènes, mais bien l’écho réaliste qu’il fait résonner en nous, celui qui ne demande ni comment ni où, mais quand. Un style direct et sobre sert merveilleusement le propos, où la violence des mots, des interactions et des postures heurtent autant que n’importe quelle arme à feu. Rien n’est subtil, tout est clair et transparent : nous montrer tout ce qu’on est capable de faire au nom du sacrosaint dollar.

Ce discours, c’est également celui qui transpire du moyen-métrage de Rubén Gámez, « La Fórmula Secreta », réalisé en 1965. Remportant plusieurs prix lors d’un concours de cinéma expérimental cette même année, il ne laisse indubitablement personne indemne. S’il est difficile d’en sortir un véritable fil conducteur (si ce n’est les bouteilles de Coca-Cola qui surgissent en contre-jour à plusieurs reprises), le film aborde, à nouveau sans subtilité mais à l’aide de métaphores, de plans chocs et de musiques judicieusement choisies, la condition sociale mexicaine. Comment traiter d’une telle œuvre lorsque même Alfonso Cuarón déclarait, en 2017, que « si l’on devait résumer le film, ce serait l’histoire d’un patient mourant qui reçoit une transfusion de Coca-Cola » ? Si, je sais : regardez-le !

Noticias: Magueyes y La fórmula secreta, del cineasta ...
« La Fórmula Secreta » de Ruben Gámez

Le cinéma mexicain s’est nourri des nombreuses cavalcades de l’Histoire : leur XXe siècle, marqué par un bouleversement radical avec l’époque précédente et qui tantôt effraie, tantôt fascine; le Franquisme, qui a poussé des artistes comme Buñuel à s’expatrier et continuer leur œuvre de l’autre côté de l’Atlantique; la proximité avec Hollywood; l’arrivée des comics, mangas et dessins-animés japonais, etc. Ce sont toutes ces influences, portées par des réalisateurs excentriques et créatifs, qui ont façonné le cinéma mexicain que le FIFF nous a merveilleusement proposé de découvrir cette année. Et vraiment, on ne s’en lasse pas.

David

« Le Roi des Hyènes », ou le roi du silence

En novembre dernier je vous lisais un extrait des Nocturnes de Tess Corsac. Point sur son dernier roman, Le Roi des Hyènes.

Nombreux sont les romans de fictions voués à véhiculer des messages importants ou à aborder des thématiques dures. Certaines sont cependant délicates à restituer. J’aimerais alors parler d’un roman fantastique à suspense qui parvient à livrer un récit authentique malgré la difficulté de sa thématique : Le Roi des Hyènes de Tess Corsac, sorti le 26 mars 2021.

« Je le vois. Ce lambeau de brume, ce nuage trapu qui galope entre les broussailles, tapi dans mes angles morts. Le monstre brouillardeux est revenu. »

Le Roi des Hyène, p. 5.

Tess Corsac déploie son intrigue tout en finesse dans une ambiance troublante. Le protagoniste répond au nom d’Almire, un jeune adolescent de quinze ans qui évolue dans les Confins : quatre villages, ceints d’un mur que personne ne peut franchir avant sa majorité. Les bébés y viennent au monde avec, sur la poitrine, un Machaon, un gardien chargé de les accompagner jusqu’à leur majorité en les protégeant des émotions négatives. Ils protègent aussi les enfants de l’obscurité car ici, les ténèbres sont peu sûres – surtout lorsqu’on a perdu son Machaon. Voilà le secret qui pèse sur Almire, privé de sa protection et maintenant traqué par un monstre de brume au cœur de l’obscurité. Muré dans le silence, incapable de dénoncer celui qui le lui a volé, l’adolescent va découvrir qu’il n’est pas le seul à mener ce combat, à faire face à ses émotions et à avancer sans la précieuse protection de son Machaon. Ensemble, lui et ses allié∙e∙s élaborent un plan pour vaincre le silence et faire tomber leur « cueilleur », celui qu’ils appellent le Roi des Hyènes.
Il est difficile de résumer ce roman sans trop en dévoiler, alors je m’en tiendrai là.

« Avec toute cette lumière, imposible de voir le nébuleux, mais je le sens, sous ma peau. Il est aux aguets, prêt à mordre si mon aveu va trop loin. »

Le Roi des Hyènes, p. 55.

Après avoir lu Les Nocturnes qui recelait déjà une grande force, Le Roi des Hyènes m’a frappée encore plus durement. Classé comme roman jeunesse, celui-ci convient pourtant parfaitement à des lecteurs plus âgé∙e∙s. Si Le Roi des Hyènes vise d’abord à rendre accessible aux plus jeunes des thématiques très dures, celles-ci se dévoilent aussi de manière brute sous le regard avisé des plus vieux. La force de l’autrice réside à la fois dans la réflexion qu’elle suscite, les émotions qu’elle provoque mais surtout, dans les personnages qu’elle dépeint. Tous et toutes attachants, ils présentent chacun∙e une personnalité propre qui s’affirme dans la diversité de leurs attitudes et de leurs choix. Tess Corsac brosse une palette d’émotions tout en nuance sans pour autant que le lecteur sente peser sur lui la morale d’une attitude type à adopter. Les choix s’entremêlent, tout comme les erreurs : pas de prétendue perfection, les adolescents gèrent le silence comme ils peuvent sous le poids du secret.

« J’ai digéré depuis longtemps qu’une tripotée de bobards se cachent sous les Confins. Je m’y suis habitué. Après tout, je verrai bien à ma majorité ce qui se trame derrière la clôture. »

Le Roi des Hyènes, p. 68.

La thématique délicate et inhabituelle au cœur du roman est abordée avec beaucoup de mesure, sans pour autant effacer la cruelle réalité qu’elle représente, ni brandir une solution miracle. On parle d’adolescent∙e∙s à la fois en découverte de soi et en pleine guérison ; on parle de haine, de douleur, d’envie de vengeance aussi et de la difficulté à briser le silence, le tout avec beaucoup de douceur malgré tout, dans un roman à la fois triste et beau. Pas de gommage de la réalité, comme je l’ai dit, la joie et la défaite vont de pair. Le∙la lecteur∙ice se retrouve donc face à des adolescent∙e∙s sensibles mais déterminés, en proie à leurs angoisses, mais pas démunis pour autant, qui trouvent le courage d’avancer dans la force du groupe. La restitution de la thématique est brillamment réussie grâce à l’univers fantastique qu’on découvre avec plaisir et qui évoque des questionnements cruciaux à travers des métaphores bien dosées.

« Tout ça, murmure Colin, tous ces poisons pour l’âme… ça nourrit la furie. Si tu te laisses dominer par tout ce que ton esprit peut produire de pourri… elle te croque. »

Le Roi des Hyènes, p. 99

Le roman de Tess Corsac est donc pour moi une belle preuve du pouvoir que peut détenir la littérature et s’inscrit avec évidence parmi les œuvres qui savent traiter de thématiques délicates avec sensibilité. Certes les plus jeunes sauront s’y identifier mais ce roman a aussi beaucoup à apprendre aux adultes. L’autrice libère habilement le dialogue : le message fait mouche et Le Roi des Hyènes s’illustre alors comme un roman capable de véhiculer un récit haletant et poignant. Je vous laisse le découvrir.

Tess Corsac : « J’ai choisi ce thème parce que le  »silence-poison » est une thématique très peu traitée, surtout pour les jeunes, et que la fiction est un moyen de contourner un tabou qui limite le dialogue à ce niveau. »

Chronique – Les Nocturnes : https://soundcloud.com/unimixfr/unimix-marque-page-les-nocturnes-15112020-amelie?in=unimixfr/sets/marque-page

Réseaux de Tess Corsac :
Instagram : https://www.instagram.com/tesscorsac/
Facebook : https://www.facebook.com/CorsacTess

Bloom

Un espace inclusif et bienveillant dédié à la santé sexuelle ouvrira ses portes d’ici peu à Fribourg.

Pour cette interview, Unimix a reçu Elena, Cyrielle et Jeanne pour aborder la thématique de la santé sexuelle. Cyrielle et Jeanne sont venues nous présenter « Bloom », espace qui proposera des lubrifiants naturels, des livres ou encore des protections menstruelles réutilisables. De son côté, Elena se spécialise dans le travail avec des personnes présentant une déficience intellectuelle et s’intéresse à la sexualité dans les institutions et écoles spécialisées. Ainsi, elles nous ont donné leurs avis sur les différentes thématiques abordées.

« Il est temps de normaliser ce dialogue et que l’on puisse en parler de manière ouverte. Ce genre d’activité comme la vôtre, est en train d’ouvrir la voie pour que tout se passe bien!»

Elena Lüthi

Sur la page Instagram de Bloom, Jeanne étudiante en Sciences sociales, nous explique que le projet lui permet de combiner ce qui lui tient à cœur : le féminisme, l’écologie et la santé sexuelle. Cyrielle, psychologue, raconte à quel point il est essentiel pour elle que tout le monde ait accès aux meilleures informations possibles et que les idées reçues disparaissent. Jeanne n’a pas hésité à recontacter Cyrielle, son amie d’enfance, afin de lui parler de son idée.

Jeanne : « C’est vrai que je cherchais un moyen de me lancer dans le domaine de la santé sexuelle et avec la situation sanitaire actuelle, j’y ai vu une opportunité de créer ce projet. Comme je savais que Cyrielle serait intéressée, je l’ai contactée. Nous en avons ensuite discuté et puis, assez naturellement, le projet s’est mis en place ».

Bloom souhaite dans un premier temps proposer un espace de vente pour des produits écologiques, éthiques et sains. On y trouvera des protections menstruelles réutilisables (lavables et jetables bio), des sex-toys, des préservatifs, des lubrifiants et également des ouvrages abordant la sexualité. Ainsi chacun pourra venir poser des questions afin d’obtenir des alternatives plus durables et saines à ce que l’on peut normalement trouver sur le marché.

Jeanne nous confie : « Ce qui est important dans notre démarche, c’est de proposer des produits éthiques et bio. On a vraiment essayé de trouver des articles qu’on ne trouve pas normalement sur le marché. »

Dans un second temps, Cyrielle et Jeanne planifient d’élargir leur gamme avec des huiles de massage ou encore des tisanes pour les douleurs menstruelles.

Cyrielle : « On s’adaptera à la demande. On mettra l’accent sur ce dont les gens auront le plus besoin »

Et puis à l’avenir cher·e·s lecteur·rice·s, Bloom aimerait proposer des évènements et ateliers, donc n’hésitez pas à participer à leurs futures tables rondes !

Quand on demande à Elena ce qu’elle pense de ce nouvel espace, elle répond : « Je pense que Bloom est un projet vraiment important, surtout dans une société où la santé sexuelle, qui est une partie intégrante de la santé, est vraiment mise de côté. On en parle peu et on a toujours tendance à la limiter aux aspects négatifs, alors qu’en réalité elle comprend, d’après sa définition, un état de bien-être physique mental et social. Cela englobe beaucoup d’autres thématiques dont on ne parle jamais, je pense par exemple à l’identité de genre. Il est temps que l’on puisse en parler de manière ouverte, de normaliser ce dialogue. Ce genre d’activité, comme la vôtre, est en train d’ouvrir la voie pour que tout se passe bien ! »

Logo de Bloom

Si l’on regarde le logo de plus près, on remarque qu’il représente une orchidée. Ce dernier a été imaginé par Régine, graphiste à Berlin. Effectivement, le nom « Bloom » tire son origine de l’anglais et se traduit en français par « floraison » ou par « fleurir ». Ce mot nous renvoie bien évidemment aussi à son cousin allemand  » Blume « , ce qui tombe à pic dans une ville bilingue comme Fribourg.

Futurs projets

Les futures associées vont lancer un financement participatif sur les réseaux sociaux, d’ici fin avril à début mai.

Unimix : « Où en êtes-vous aujourd’hui et quelles sont les prochaines étapes ? »


Cyrielle : « Pour l’instant, on va gentiment lancer notre crowdfunding et mettre au point quelques détails. Nous sommes aussi à la recherche d’un local qui nous plait. »

Vous pouvez d’ailleurs retrouver Bloom sur Instagram et sur Facebook où Cyrielle et Jeanne sont actives pour parler de divers sujets tels que l’asexualité, la précarité menstruelle et bien d’autres encore.

Pourquoi parler de santé sexuelle aujourd’hui ?

Le sujet de la santé sexuelle a toujours été très peu mis en avant. Pourtant, cette thématique comprend une réflexion critique bien plus poussée que ce que l’on nous apprend à l’école. Cette dernière devrait être une thématique ouverte, qui laisse place au débat.

Elena qui se spécialise dans le travail avec des personnes présentant une déficience intellectuelle, nous donne son avis sur cette thématique:

« La santé sexuelle est rarement discutée dans le contexte du handicap. Il faut se rendre compte que pour la population générale il est déjà difficile d’en parler, alors obtenir et trier des informations quand on a une déficience, ce n’est pas évident.  Finalement, c’est une population qui a beaucoup moins accès aux informations et qui a beaucoup moins d’intimité.  Sans oublier que des difficultés physiques rendent aussi les choses plus compliquées. » Un espace ouvert à tous et à toutes, comme « Bloom », sera d’une grande aide pour ceux qui ont plus de difficultés à obtenir de telles informations.


Ainsi, notre discussion nous a mené à la conclusion qu’en Suisse, peu d’espace sont mis en place pour aborder ce sujet librement. Avoir une bonne éducation sexuelle veut donc dire avoir une meilleure connaissance de nos droits, mais également réduire la violence dans les relations et rehausser la confiance en soi. Cette conversation a permis à nos trois invitées de discuter autant de l’aspect santé et éducationnel que de l’aspect psychologique. Pour notre part, on admire les deux jeunes femmes, qui viennent de finir leurs études, et qui se lancent déjà dans un projet personnel autant inspirant !

En attendant l’ouverture de Bloom, cher·e·s lecteur·rice·s, nous vous invitons à aller écouter cette discussion en entier sur notre Sound cloud.

Si vous êtes intéressé·e·s par Bloom on vous invite à aller jeter un coup d’œil à leur page Instagram et Facebook. L’espace sera ouvert à tout le monde, alors qui vous soyez, n’hésitez pas à leur rendre visite et n’oubliez pas le financement participatif que vous retrouverez bientôt sur leurs réseaux sociaux.

Instagram : @bloom_sexualities

Facebook : Bloom

                                                                                                    Manon Becker

Etu’Sound ne baisse pas les bras – et nous amène en coulisses

Festival Etu’Sound 2017. Photo par Kevin Piccand.

Si vous aussi, les stands de nourriture en barquette, de bière, les verres consignés, le bruit des foules et de soundcheck avant un concert vous manquent, vous n’êtes de loin pas les seul-e-s à souhaiter pouvoir redevenir festivalier-ère dès que les conditions le permettront et que les festivals feront à nouveau partie de notre vie.

Pour combler notre nostalgie commune, j’ai décidé d’aller à l’encontre de Magdalena, l’ancienne présidente et maintenant vice présidente du festival Etusound, qui anime le campus chaque automne depuis 2005. Je souhaitais parler avec elle de divers sujets concernant ce week-end automnal– notamment de choses qu’on connaît un peu moins en tant que festivalière – l’organisation d’un festival.

La première question pour toi, Magda: A quel point c’était un choix difficile d’annuler l’édition 2020 ?
C’était très difficile et ça nous a pris beaucoup de courage et de temps pour le faire. On a attendu le dernier moment pour vraiment décider définitivement. On avait encore l’espoir pendant l’été qu’une forme de festival serait possible, mais avec l’augmentation des cas covid et des mesures de plus en plus restrictives ce n’était plus envisageable et pas responsable.

Pour toutes les personnes qui rêvent de créer leur propre festival à la fin de cette pandémie : quelles sont les 1es étapes à entreprendre ?
Alors pour créer un festival, je pense qu’il faut avant tout avoir une bonne idée, un concept qui peut plaire à assez de monde, quelque chose d’innovant, qui n’existe pas encore. Ensuite, je pense que c’est essentiel d’avoir une équipe de personnes motivées à s’engager. Et, malheureusement, une base de financement est indispensable pour se lancer dans l’organisation d’un festival.

Quelles sont les plus grandes difficultés de l’organisation festivalière ? L’obstacle premier, c’est le financement alors?
Oui, je pense qu’une des plus grandes difficultés de l’organisation festivalière est d’un côté l’aspect financier. Ça devient de plus en plus difficile de trouver des sponsors. D’un autre côté, le fait d’avoir un comité entièrement bénévole, comme c’est le cas pour l’Etu’Sound Festival, peut aussi rendre l’organisation un plus compliquée. Les personnes ne sont pas toujours disponibles, ont d’autres priorités comme les études et le travail, chaque année des personnes arrêtent
et des nouvelles commencent… Cela a biensur des avantages aussi, mais je pense qu’une difficulté est donc d’avoir une continuité et un suivi de l’organisation. Il faut faire attention à ce que le savoir ne se perde pas d’une année à l’autre.
Ensuite, s’il s’agit d’un festival plein air comme l’EtuSound Festival, le temps peut devenir un grand problème aussi. Il suffit qu’au soir du festival il pleuve, l’évènement entraine des pertes et les efforts pendant l’année sont gaspillés.

Un festival, quelle que soit sa taille, engendre des dépenses considérables. Quelle est une dépense qu’un festival a, à laquelle on ne penserait pas en premier lieu ?

Cela fait 15 ans que le festival existe, il n’y a plus vraiment de dépenses qui apparaissent de nulle part. Si je dois dire une dépense à laquelle on ne pense peut-être pas forcément, je dirais les frais de la part de SUISA. SUISA est la coopérative des auteurs et éditeurs de musique. La facture peut arriver bien après le festival, et à laquelle il faut prévoir un peu d’argent de côté. Mais on s’y attend maintenant, si c’est à la première édition d’un festival qu’il faut surtout faire attention et prévoir les taxes de la SUISA dans le budget.

N’a-t-on pas peur qu’on n’arrive pas à couvrir un tel budget ? Quelles sont les démarches à entreprendre pour s’assurer qu’on puisse garder un festival – surtout gratuit comme Etu’Sound– à flot ?

Biensur qu’on a peur que les entrées d’argent ne couvrent pas les frais
engendrés. Je pense que tout organisateur a cette peur…
Pour s’assurer qu’on puisse garder un festival au niveau financier, il faut d’un côté avoir des sponsors qui soutiennent l’association, idéalement avec un contrat sur plusieurs années.
D’un autre côté, il faut aussi s’assurer que l’offre corresponde à la demande. Il faut donc adapter constamment le concept à la clientèle, essayer d’avoir une clientèle fidèle qui revient chaque année. Car finalement, ce sont les festivaliers et les festivalières qui rapportent la plus grande partie des bénéfices.

Quel est un portrait typique d’un-e-artiste qui vient se produire à Etu’Sound ?

Ca dépend toujours de l’équipe qui est responsable pour la programmation. C’est au final elle qui propose les artistes au comité. Mais en général, c’est un artiste local avec une musique accessible pour un grand nombre de personnes.

Qu’est-ce qu’un groupe/artiste peut faire, s’il nous écoute et s’il souhaite participer à la prochaine édition, par exemple ?

Si un artiste devrait être motivé à se produire à l’Etu’Sound Festival, il peut contacter notre équipe de booking par mail (booking@etusound.ch) ou nous contacter sur facebook ou instagram.

Avant de terminer, est-ce que tu pourrais nous raconter une de tes plus belles anecdotes des coulisses du festival ?

Il y en a tant !
Mais je pense que le plus beau souvenir pour moi était au festival 2019. Pendant la soirée, à un moment donné tout le comité est monté sur le toit de l’école d’ingénierie pour regarder d’en haut la grande scène du festival. C’était émouvant de se donner ces quelques instants de repos pour savourer la vue, voir les fruits de nos efforts, voir que c’était un grand succès et surtout d’y être tous ensemble, le comité réuni.

Pour conclure, qu’est-ce qu’on peut attendre du festival en 2021 ?
C’est encore difficile à dire… Ce sera surement un Etu’Sound Festival sous une autre forme que ces dernières années, mais on reste très optimiste de pouvoir faire quelque chose ! Réservez déjà le 1er octobre en tout cas !





FIFF : A Balance, une difficile quête de vérité

A balance est un film japonais sorti en 2020 réalisé et scénarisé par Harumoto Yujiro. Il raconte l’histoire de Yuko, réalisatrice de documentaire le jour, qui commence à tourner un film sur un fait divers, une affaire de relation sexuelle, ayant mené au suicide d’une écolière et d’un enseignant il y a trois ans. La nuit, Yuko aide son père qui donne des cours de soutien et elle se prend d’affection pour une de ces élèves. Cette dernière lui révélera qu’elle est enceinte du père de Yuko, perturbant les repères et mettant Yuko devant une série de dilemmes professionnels et personnels.

Tout d’abord, le film, en inspirant de fait réel, explore plusieurs démons qui hantent la société telle que le harcèlement social ou pression que subissent les femmes, mais il interroge aussi la responsabilité morale des actes de l’individu, pris dans des devoirs et des loyautés contraires, et la question de la complexité de la vérité devant des événements réels. Tout cela donne au film une profondeur qui le rend passionnant. 

De plus, le scénario ne tombe pas dans le manichéisme qui arrive trop souvent dans ce genre de thématique. Chaque personnage est imparfait et ambigu, ayant son lot de responsabilités et de contradictions. Il n’y a ainsi pas que des humains et non des archétypes, permettant une plus grande justesse dans ces thématiques.

Semblant s’inspirant du travail des frères Dardennes, le réalisateur a fait le choix, non révolutionnaire mais efficace, de filmer caméra à l’épaule avec très peu d’effet et peu de coupure dans le montage, ancrant la mise en scène dans la réalité sociale qu’il cherche à montrer, donnant une unité entre le fond et la forme.

Il faut souligner aussi la qualité des acteurs et actrices qui, par un jeu sobre et nuancé, accentue le sentiment de réalisme que le film tente de proposer et permet aussi de renforcer les affects que tente de montrer le réalisateur.

Malgré toutes ces qualités, le film à quand même des défauts, dont celui d’étendre ses scènes sans que cela aie une utilité dramatique ou sur la thématique, notamment sa scène de fin qui semble interminable. Un autre défaut est que Harumoto Yujiro lance des thèmes comme celui de la pression scolaire japonaise ou la marchandisation de l’information mais sans jamais les développer, ce qui donne une impression d’inachevé.

Mais ces défauts ne retirent rien à la qualité de A balance qui reste un très bon drame social que je vous recommande de voir dès que vous pouvez.

Maxence Kolly

FIFF : Gaza mon amour, le désir de vivre

Réalisé par Tarzan et Arab Nasser, Gaza mon amour raconte l’histoire d’Issa, un pêcheur de soixante ans dont la vie est rythmée par les visites de sa soeur, qui souhaite le marier, entre coupures de courant et passages du poste de frontière. Un jour, le sexagénaire s’éprend d‘une couturière, Siham, une femme du même âge que lui, ayant une routine ponctuée par les factures impayées et le caractère difficile de sa jeune fille divorcée. Vient alors le moment pour le pêcheur d’essayer de déclarer sa flamme à sa belle. Salim Daw transmet avec justesse la maladresse attachante d’Issa, tandis que les plans emplis de douceur et d’humour défilent.

L’histoire se complique alors qu’Issa remonte dans son filet de pêche une statue antique du dieu Apollon. À la fois fasciné et apeuré, il la cache dans son armoire. Dénoncé pour trafic d’œuvre d’art, le pêcheur est emmené en prison.

Malgré tout, Issa ne baisse pas les bras. Il répète qu’il souhaite rester à Gaza, car c’est ici que son histoire doit continuer de s’écrire.

Cependant, Gaza mon amour n’est pas qu’une comédie romantique ; c’est aussi un film politisé de manière poétique. En effet, les visages en très gros plans, les vues à travers les grilles et la propagande à la télévision nous rappellent discrètement l’enfermement. La statue d’Apollon, quant à elle, sert de lien comique pour exprimer la transgression. A l’inverse, les films romantiques que regarde Siham et les rêves érotiques d’Issa, véritables échappatoire, nous montrent que l’amour arrive malgré tout à se faire une place dans ce quotidien meurtri. La scène finale du film constitue également l’exemple parfait d’un message politique exprimé avec légèreté et romantisme. 

Le message politique du film est sublimé par la scène finale, tout en légèreté et romantisme.

Entre naïveté et sévérité, Gaza mon amour est une ode à la paix qui fait du bien et qui nous rappelle que la vie est plus forte que la guerre.

– Chloé Schüler