Titania, ou les rêveries de l’astronaute solitaire

En janvier dernier, Michaël Gay des Combes se trouvait au Nouveau Monde pour une résidence d’écriture organisée par l’Épître : une pièce vide, une semaine d’isolement, tout le temps du monde pour écrire. De-là est née Titania, création théâtrale jouée et présentée dans la petite pièce qui l’a accueilli durant une semaine. Retour sur ce voyage insolite avec Amélie Gyger.

Crédit photo : Marion Brunello Bagnoud

Joseph, c’est un astronaute un peu bizarre, mais sympa. Il paraît qu’il était en route pour le système Kepler-29. Moi, je l’ai croisé là-haut, sur Titania, une des lunes d’Uranus. Dans le « trou du cul du système solaire », comme il dit. Il ne m’a pas vue. Mais moi je l’ai vu. Je me suis assise et j’ai écouté.

Il est morne, il est taciturne,
Il préside aux choses du temps,
Il porte un joli nom, Saturne,
Mais c’est un Dieu fort inquiétant.

Saturne – Georges Brassens

Car, cher spectateur, si Joseph se trouve sur Titania, c’est parce qu’il n’est pas parvenu jusqu’à Kepler-29. Alors il est resté là, entre quatre murs. Au fil du temps, il a couvert les murs de dessins, de textes, de tout ce qui lui passait par la tête. Il a vidé ses tripes sur des dizaines de feuilles, relu les mêmes livres au moins 50 fois, fait face à la solitude à coup de chansons de Georges Brassens. Joseph dit : « ça fait déjà trois ans » ; Joseph parle et raconte les souvenir douloureux. Voilà qu’il nous prend en otage, l’espace de 30 minutes.

Et quand je suis repartie, Joseph est resté là.

La pièce a été écrite, imaginée et mise en scène par Michaël Gay des Combes lors d’une résidence d’écriture organisée par l’Épître au Nouveau Monde. Resté enfermé dans une pièce vide aux murs vierges pendant une semaine, ses idées ont pris forme : il a couvert les murs de feuilles, construit son vaisseau spatial, et alors Titania était née.

Titania, c’est l’appel vain d’un astronaute esseulé et entendu par hasard. Un texte poignant, émouvant, un voyage étonnant au coeur des pensées d’un homme égaré. Titania, ça parle de solitude, mais d’amour aussi, de littérature un peu, de musique, de tout ce qui passe par la tête quand on est face au vide intersidéral. C’est brut, comme doivent l’être les mots jetés sur le papier en une semaine à peine. L’auteur nous embarque dans son univers, dans sa petite chambre qui figure drôlement un vaisseau spatial un peu cabossé. Et puis avant de libérer ses spectateurs, il – ou Joseph, qui sait – a dit : « Prenez un de mes dessins, un petit bout de Titania, et souvenez-vous de moi ».

Michaël Gay des Combes espère emmener sa pièce en d’autres lieux, mais il n’y a pour l’instant pas de date prévue. Vous pouvez le suivre sur son compte Instagram ainsi que sur celui de la troupe Les Rescapés.

Michaël Gay des Combes : https://www.instagram.com/lesrescapes_fribourg/
Les Rescapés : https://www.instagram.com/lesrescapes_fribourg/

Amélie Gyger

Colportage interdit : interview de Daniel Duqué

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