FriScènes 2021 – Roi du Silence

En clôture de cette édition 2021 de FriScènes, s’est tenue le 16 octobre dernier la journée « Hors du placard » consacrée aux thématiques LGBTQIA+. A cette occasion, la compagnie rhodanienne La Gueule Ouverte a présenté « Roi du silence », de et avec Geoffrey Rouge-Carrassat. Amélie Gyger y a assisté pour nous.

Crédit photos : Andreas Eggler pour FriScènes.

Le Roi du Silence, c’est un jeune homme dans la vingtaine, face à l’urne de sa mère, lui annonçant avoir caché son homosexualité pendant quinze ans. C’est l’histoire de quelqu’un qui demande justice, demande le mérite de sa bonne conduite et veut savoir : a-t-il eu raison de se taire ? Terriblement sincère, brut, cru dans les mots lancés à quelqu’un qui ne répondra jamais.

Beaucoup de thématiques puissantes – le besoin de s’illustrer comme un enfant parfait, de se cacher, la peur de ne pas être comme les autres – et surtout un regard précis sur les mots, la puissance des mots qui marquent un enfant, les commentaires « anodins » envers d’autres et qui poussent à se taire. Un rapport très sincère, non seulement envers le texte, mais le corps aussi ; c’est comme ça qu’il aime travailler, explique le comédien, isoler chaque mouvement, chorégraphier.

Un spectacle vif, rythmé tantôt par le silence, tantôt par une voix puissante voire frénétique, le son des couvercles de casseroles et de percussion sur la table, le son du sarcasme, grinçant ; un spectacle bruyant où on crie, on danse, où tous les objets prennent sens. On use la scène jusqu’à la corde, on monte pieds joints sur un fauteuil, on se couche sur et sous la table – et puis cette mère décédée qui prend corps, presque caricaturale, et porte toute la violence des propos qui pèsent sur le personnage.

Il s’agit très littéralement de se mettre à nu, de dire ce qu’on ne dit pas : le désir, les images sous les paupières, la colère, l’amour qu’on nourrit envers quelqu’un d’inaccessible. C’est un spectacle où faire son deuil est synonyme à la fois de douleur et de libération, où les doléances ne seront pas entendues et les réponses ne seront pas rendues. Où il ne saura pas si se taire valait le coup et ne peut qu’imaginer. Un spectacle criant de vérité, humain et décalé, ironique, cru, sans fard, sur ce que c’est de se taire, puis d’enfin crier au monde ce qui nous fait.

Amélie Gyger

Colportage interdit : interview de Daniel Duqué

Le 25 mai dernier, j’ai eu l’occasion d’assister à une projection de presse du dernier long-métrage de Daniel Duqué : Colportage interdit. Ce film m’ayant particulièrement plu, je lui ai consacré une chronique que vous pouvez retrouver sur notre Soundclound.

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Neptune Frost : La machine et le fantôme

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Titania, ou les rêveries de l’astronaute solitaire

En janvier dernier, Michaël Gay des Combes se trouvait au Nouveau Monde pour une résidence d’écriture organisée par l’Épître : une pièce vide, une semaine d’isolement, tout le temps du monde pour écrire. De-là est née Titania, création théâtrale jouée et présentée dans la petite pièce qui l’a accueilli durant une semaine. Retour sur ce voyage insolite avec Amélie Gyger.

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Mon père est une chanson de variété

Chère belle-maman,

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C’est fini… c’est déjà fini… c’est peut-être fini, c’est May B !

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FIFF 2022 : Quelle image d’Afghanistan ?

Le voyage dans la Perse Ancienne offert par le 36e Festival International du Film de Fribourg (18.03.2022 – 27.03.2022) passe à travers les histoires de 7 réalisateur.trice.s courageux.ses. Tout au long de la route de la soie, 7 films en dari et pashto – les deux langues officielles d’Afghanistan, parmi les 40 qui existent – peignent un scénario merveilleux. Mais quelle image de ce pays aux facettes multiples souhaite reconstruire le FIFF ? Un tour d’horizon s’impose.

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