Friscènes : Déjà hier

La compagnie Larmes de Job nous a fait découvrir que bien des maux sont nécessaires, et que les mêmes mots nous apaisent ou nous bouleversent.

Pour sa deuxième année consécutive, le festival Friscènes a accueilli sur les planches du Nouveau Monde, ce dimanche 11 octobre, quatres jeunes comédiens (Térence Carron, Aymeric Tapparelet) comédiennes (Giulia Crescenzi, Stéphanie Barbetta) des Teintureries avec une création intitulée : Déjà hier

L’oeuvre théâtrale, écrite et mise en scène par Giulia Crescenzi et Stéphanie Barbetta, a laissé une cicatrice, une émotion dans la mémoire des spectateurs et spectatrices. Une trace suscitée à la fois par le texte aux mots et paroles délicates et poétiques. Mais qu’est-ce qui s’est véritablement joué sur les planches presque vides du Nouveau Monde ? Une pièce évoquant un phénomène complexe et douloureux que nous vivons toutes et tous tôt ou tard :  celle de la perte d’un grand-parent, et plus spécialement la perte d’une grand-maman (de la nonna pour les autrices)

Dans la simplicité, la pudeur et la douce connivence, elle a révélé la spécificité de la relation qui peut exister entre une grand-mère et ses petits-enfants. Tout est dit de manière brute, sans retouches, à l’image de l’amour que porte une personne qui n’a plus rien à prouver à la vie et aux autres. Mais la vieillesse n’est pas que joie et temps libre, car viennent la maladie, la douleur, l’oubli des autres et l’enfermement sur soi, puis la mort. Certaines questions sont alors effleurées: quelle place avons-nous dans leur accompagnement? comment vivre le deuil? Pourtant, malgré la gravité, la pièce ne nous assomme pas. Dans la mort survivent les souvenirs heureux que laissent derrières elles ces figures magiques que sont les grand-mères.

L’écriture de Giulia Crescenzi et Stéphanie Barbetta, a souligné une double réalité. Premièrement, les autrices de la pièce ont manifesté la notion de relation. Une relation non pas comme un simple lien tel une corde qui relie deux choses, deux personnes, mais comme une réalité à laquelle le mot relation se rapporte, c’est-à-dire comme un rapport entre deux individus. Et c’est ce que nous retrouvons dans cette création théâtrale. Puis, secondement, l’oeuvre a manifesté que lorsque quelqu’un s’en va, c’est tout un monde qui s’efface et disparaît avec lui tel un contour dessiné sur la sable qui s’efface aux rythmes des vagues.

En somme, c’est un lien fragile et tout autant complexe qui nous a été présenté, laissant ainsi une grande place à l’interprétation individuelle. Leur présence habite-t-elle “nos coeurs” comme aiment tant dire les grands-mamans, ou est-ce au contraire l’inéluctable disparition qui prend le dessus dans le deuil ? La question de la mort, le plus grand mystère humain, n’a pas fini de nous interroger.

Anne Gaillard & Daniele Grisoni

Une lampe

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