Vent d’est au FIFF

Commencer le FIFF avec « Memories of Murder », c’est comme entamer une partie de jambes en l’air par une faciale : ça met une claque, ça surprend et ça donne la sensation que continuer après ça va être compliqué.

En effet, ce film fort de Bong Jooh-Ho est une réussite, tant visuelle que narrative. En évitant toute folie de cadrage ou de mise en scène à sa caméra, le réal tend plutôt à faire exploser ce qu’il nous montre. Les personnages sont à la limite de la caricature, prêts à utiliser des méthodes surnaturelles pour dénicher leur tueur ou totalement absurdes pour faire avouer des innocents. De l’autre côté, le scénario n’a rien à envier au Zodiac de Fincher : les meurtres et viols sont violents et durs et, bien que contrebalancées par l’humour burlesque de la société coréenne que Bong Joon-Ho dépeint, beaucoup de scènes sont angoissantes, haletantes et stressantes. A tous les abords, le spectateur est engagé émotionnellement, qu’il le veuille ou non. Les plans dramatiques, par exemple, sont lourds, lents, voire même au ralenti, et vous pèsent sur la conscience avec tendresse et brutalité. Ce film, c’est Mike Tyson qui vous met une patate et qui vous fait un bisou après, pour vous permettre de relativiser.

Cependant, si j’ai quand même bien rigolé avec ce film, c’était loin d’être le cas avec celui qui a suivi: « The Third Wife », de Ash Mayfair. Mais, si je n’ai pas ri, force est d’admettre que j’ai été bluffé : le film est d’une beauté et d’une élégance à couper le souffle. L’histoire de May, 14 ans, mariée de force à un riche propriétaire terrien dans le Vietnam du XIXe siècle est un spectacle hallucinant pour les yeux. Les plans sont millimétrés, le cadrage est lumineux, la justesse du jeu, du propos et de la mise en scène en font une vraie claque visuelle. Petit bémol tout de même : sa vitesse. Pour coller à la beauté des plans, rien n’est pressé, tout est suggéré et sobre et d’une lenteur étouffante. Si l’imagerie est spectaculaire, attention à son rythme bâtard, qui le rend difficile à suivre sans une douche de caféine au préalable.

Autant dire qu’avec ces deux-là, la semaine FIFF commence sous les meilleurs auspices.

David

Small G – une idylle d’été qui tombe à pic

L’adaptation au théâtre par Mathieu Bertholet et mise en scène par Anne Bisang du dernier roman de Patricia Highsmith a investi le théâtre Nuithonie les 6 et 7 février à Fribourg. Une fable pleine de fraîcheur et d’espoirs pour raconter l’homosexualité et qui tombe à pic avant un week-end de votations sur la pénalisation de l’homophobie.

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Charrette!

Le Théâtre des Osses accueille le seul en scène de Simon Romang, Charrette! mis en scène par Georges Guerreiro. Commentaires d’un arrière-petit-fils de paysan.

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Un loup et une fillette, amies et philosophes

« Papa, quand on est mort, on peut encore respirer ? » (suite…)

Poésie du Gérondif: retours d’un étudiant en linguistique

Le Théâtre des Osses présentait cette semaine la Poésie du gérondif dans le cadre de ses café littéraires. Joué par Benjamin Knobil, mis en scène par Michel Toman sur un texte de Jean-Pierre Minaudier, le spectacle nous propose de voir la grammaire de façon poétique. Quid?

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Théâtre: Gil, un amour enfermé

« Je suis ici à cause de ce que j’ai fait à Jessica ». Ici, c’est Les Pâquerettes, une institution spécialisée pour enfants atteints de troubles mentaux. Qu’est-ce que Gilbert a fait à Jessica? Il faudra attendre la fin de la pièce pour le savoir. Mise en scène par Michel Lavoie, création fribourgeoise à Nuithonie.

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