Un loup et une fillette, amies et philosophes

« Papa, quand on est mort, on peut encore respirer ? »

Le loup des sables raconte une histoire : celle d’une petite fille nommée Zackarina (incarnée par Fanny Künzler). Elle vit au bord de la mer avec ses parents. Elle joue, et s’ennuie, mais elle est habitée par une curiosité insatiable et pose des questions sur tout et sur rien. Malheureusement, ni sa mère (Caroline Imhof) ni son père (Vincent Rime) ne prennent le temps de répondre à ses questions suscitées par l’étonnement qui l’anime. Un jour, dans son ennui, la jeune Zackarina décide de creuser un trou dans le sable dans son ennui, et elle rencontre un loup (Pierre Spuhler) pas comme les autres. Dans cet imaginaire, le loup parle et est un véritable philosophe. Prétendant tout savoir, le loup devient le compagnon de jeu de Zackarina et prend le temps de répondre à ses questions.

Voilà ce qu’accueillait dimanche 26 janvier dernier, le Théatre des Osses à Givisiez : un conte. Un conte certes pour enfant, mais un conte tout de même qui questionne, fait réfléchir et grandir. Le Loup des sables, souvent comparé au Petit Prince et à son renard, est œuvre de l’écrivaine suédoise Asa Lind, et a été adaptée subtilement par Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier. En effet, le spectateur y découvre une plage en sable fin arborés de roseaux, et au-dessus de la scène, une toile de fond sur laquelle se dessine un décor de bord de mer avec une maison. Cette dernière ne revêt pas d’une simple fonction décorative, mais prend le rôle d’un élément théâtrale. La mise en scène s’appuie sur une animation vidéo dans laquelle apparaissent les personnages, et élargit l’œuvre théâtrale en créant ainsi une alternance dynamique au sein même du décor.

crédits : Isabelle Daccord

Nonobstant que l’œuvre de l’écrivaine suédoise ne soit ni datée ni située temporellement, elle décrit de manière drôle et loufoque un monde imaginaire pourtant si réelle. En questionnant le monde des enfants et leurs rapports au monde, un monde rempli de « pourquoi ». La Suédoise dépeint le rôle des parents et de la famille. Bien que le loup soit l’interlocuteur privilégié de la jeune Zackarina, les parents de la fillette ne sont guère présents et peu préoccupés par la fillette car occupés à leurs activités.


«Comment ça, avant que je sois là ? J’étais où ? J’étais nulle part ? J’étais où, avant d’être dans le ventre de maman ? »

« Ma veste est rouge le jour, est-ce qu’elle est aussi rouge la nuit ? »


Ces interrogations, qui habitent la jeune Zackarina, sont écoutées par son nouvel ami, et par le public. Nous pouvons penser qu’elles semblent être d’une naïveté ou dérisoires, pour nous autres les adultes, mais en réfléchissant, elles sont belles et elles traduisent parfaitement l’émerveillement d’un enfant. Les enfants ont partagé ces interrogations, certains allant même prendre part au dialogue. Le jeune public était captivé par cette mise en scène, ont rigolé, et apprécié le spectacle.

Nous pouvons émettre une critique sur la structure de la pièce ou sur les formes répétitives ou sur les questions naïves, mais je pense que cela soit recevable. Ce que la mise en scène a subtilement conquis est l’enfant, et de prendre avec l’enfant dans la trame narrative, qui certes par moment peut sembler être répétitive, mais aux yeux d’un enfant, cela n’est pas le cas. J’ai été particulièrement surpris par l’intérêt et de la joie du jeune public. Je ne peux qu’encourager les familles à aller voir ce spectacle.

Voici les prochaines dates de la troupe sont :

– le 8 février 2020 au Le Reflet, Vevey
– le 16 février 2020 à L’Alambic à Martigny
– le 1er mars 2020 au Théâtre Grand-Champ à Gland
– le 8 mars 2020 aux Les Cultur@iles à Châtel-St-Denis
– le 14 et 15 mars 2020 à L’Arbanel à Treyvaux

crédits : Isabelle Daccord

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