Théo Ceccaldi Trio au Cully Jazz 2019

Des histoires en musique bien racontées

Une atmosphère presque sacrée accueillait les festivaliers du Cully Jazz le lundi soir 8 avril 2019. Dans le temple du bourg, le violoniste Théo Ceccaldi, le violoncelliste Valentin Ceccaldi et le guitariste Guillaume Aknine ont dévoilé une musique riche de sens et puissante. Tension dramatique, violence harmonique, lyrisme, sonorités captivantes: la beauté et la force de cette prestation laissa le public bouche bée.

Le choix du Temple de Cully pour ce concert était judicieux. Le jeu de lumière dans ce lieu sacré avec cette musique ensorcelante qui résonnait dans la roche des parois : Sublime. Les trois musiciens ont présenté un goût certain pour la recherche de timbres afin de créer des effets dramatiques percutants. Ils semblaient jouer avec l’espace qui leur était donné.

Le but premier de ce concert était de raconter quelque chose en musique et le trio a prouvé qu’il était expert en la matière. Un travail remarquable sur les nuances, sur les phrasée musicaux ainsi qu’une précision horlogère pour les passages entre les différentes sections d’un morceau ont fait de cette prestation une véritable expérience sonore forte en émotions. En d’autres termes, une claque dans la figure. En hommes à tout faire, les influences sont innombrables et ces musiciens de haut vol n’ont qu’à choisir sur leur palette de genres quelles couleurs se prêtent le mieux à exprimer ce qu’ils désirent. Ils ont présenté des passages en musique spectrale, des sections minimalistes et des mélodies d’un lyrisme et d’une beauté touchante. Certains morceaux paraissaient construits comme des œuvres cubistes. Des chefs-d’œuvre en quelque sorte !

Néanmoins, deux choses réduisent un peu l’immersion que ces conteurs en musique cherchaient à créer. Un certain nombre de leurs œuvres partage une structure similaire si bien que le déroulement en devenait presque prévisible et redondant. De plus, certaines sections où la tension se voulait à son paroxysme, le résultat s’est avéré peu inspiré. Un martèlement incessant d’un accord dissonant : ils ont prouvé durant la totalité du concert avoir les moyens pour des effets plus réussis.

Certains appelleraient cela être trop pointilleux et ils auraient raison. Le Théo Ceccaldi Trio a su tenir en haleine son public jusqu’à la dernière note avec une musique d’une qualité extraordinaire. Le temps est passé de manière fulgurante et le concert une fois terminé, la sortie du Temple fut rude tel l’interruption d’un rêve sublime.

Raphael David Eccel

 

Crédits photo: © Michel Bertholet

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