Théâtre: Gil, un amour enfermé

« Je suis ici à cause de ce que j’ai fait à Jessica ». Ici, c’est Les Pâquerettes, une institution spécialisée pour enfants atteints de troubles mentaux. Qu’est-ce que Gilbert a fait à Jessica? Il faudra attendre la fin de la pièce pour le savoir. Mise en scène par Michel Lavoie, création fribourgeoise à Nuithonie.

Gilbert (Gil), huit ans, nous raconte son amour pour Jessica, sa copine de classe. Mais le voilà interné dans cet établissement, prisonnier du carcan normatif des adultes. Son thérapeute (Diego Todeschini) est froid et austère, son écoute feinte, prompt à se servir de la médication à tout va dans le but, Gil l’a bien compris, de faire de lui « un bon petit citoyen ». Même sa mère ne cherche pas davantage à le comprendre, le poussant à se repentir et se soigner au plus vite dans une lettre qui le rend furieux, et on le comprend. La seule lettre qu’il attend est celle Jessica. Il trouve un peu de répit avec un autre thérapeute (Julien Schmutz), qui soutient auprès de sa hiérarchie que Gilbert n’a rien à faire dans cette institution, il n’est pas fou ni perturbé. Et s’il avait raison? Et si Gil avait raison et les adultes tort?

La mise en scène est claire, sobre, les codes sont lisibles et efficaces. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de touche esthétique, de sublimation artistique: bien au contraire. Certains tableaux, comme lorsque les enfants dansent, sont saisissants. La musique est assurée en live par Benoit Gisler avec sa guitare électrique porteuse et soutien au jeu. A propos du jeu, ni Margot van Hove (Jessica) ni Xavier Loira (Gil) ne jouent le masque de l’enfant. Ils portent leurs paroles avec simplicité et tendresse, et à aucun moment le fait que les comédiens soient des adultes ne pose problème. Céline Nidegger pour sa part passe de l’infirmière nonchalante à une mère puis à l’autre avec souplesse.

Les mots sont courts mais l’admiration est grande. Je ne veux pas aller loin dans l’analyse, de peur de trop « divulgâcher » le spectacle, qui mérite de se découvrir. Aussi cet article ne sera qu’un souffle sur la perle de verre, par crainte de la briser. Il reste encore un peu de temps pour apprécier cette histoire d’amour, alors foncez.

Sylvain Grangier

 

 

Retrouvez ici l’interview de Michel Lavoie

Crédit photo: Nicolas Brodard

 

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