Small G – une idylle d’été qui tombe à pic

L’adaptation au théâtre par Mathieu Bertholet et mise en scène par Anne Bisang du dernier roman de Patricia Highsmith a investi le théâtre Nuithonie les 6 et 7 février à Fribourg. Une fable pleine de fraîcheur et d’espoirs pour raconter l’homosexualité et qui tombe à pic avant un week-end de votations sur la pénalisation de l’homophobie.

 

Small G – une idylle d’été, c’est l’histoire d’une bande d’ami.e.s qui se retrouvent « chez Jakob », un café zurichois aux allures ordinaires mais qui change de nom le week-end pour se convertir en bar gay-friendly, le « Small G ». Rickie est un habitué des lieux. C’est au « Small G » qu’il avait rencontré Peter, son ami et amant poignardé à tout juste 20 ans. Luisa s’y rend souvent aussi. La jeune femme est en quête de rencontres, et surtout à la recherche d’une identité tiraillée entre un début d’idylle avec Teddie, son attirance pour son amie Dorrie et la surveillance toxique de sa patronne. Autour de l’intrigue, les corps s’enroulent à mesure que les dialogues se déroulent. Le décor devient la piste d’une danse effrénée et revendicatrice de jeunes gens qui aspirent à gagner leur liberté.

Small G – une idylle d’été, c’est l’histoire d’un questionnement identitaire profond qui gravite autour de la sexualité, un lever de rideaux sur la situation de jeunes adultes dont les désirs dérangent encore en Suisse dans les années 1990. L’ombre d’une société conservatrice acquise aux valeurs patriarcales – incarnée par Renate, la patronne de Luisa – plane sur le « Small G » et n’a de cesse de couper l’herbe sous les pieds des personnages. Pour casser ces codes qui les enferment, il faudra attendre la mort « accidentelle » de la patronne. Mais très vite, d’autres ombres viennent menacer les idylles de l’été. Comme le sida par exemple, une problématique qui est abordée presque trop simplement à travers le personnage de Rickie et qui est malheureusement vite effacée au fil de l’histoire.

L’appel des corps et la couleur des sentiments l’emportent parfois sur les craintes des personnages. Certaines scènes veulent montrer sans trop dévoiler, frôlant parfois avec le ridicule, comme lorsque Rickie et l’une de ses conquêtes s’adonnent à un enchaînement de figures érotiques ou quand Luisa et Dorrie se trouvent enfin seules au lit et se perdent dans une risible gymnastique.

Small G – une idylle d’été, c’est surtout une histoire qui arrive à point nommé. La critique par le théâtre d’une société d’il y a trente ans, engluée dans un conservatisme patent, permet de mieux se questionner sur la situation actuelle. A vrai dire, si les Suisses et les Suissesses ont fait preuve d’une certaine ouverture d’esprit dans les urnes dimanche dernier pour l’extension de la norme antiraciste aux discriminations en raison de l’orientation sexuelle, un long chemin reste encore à parcourir. Pour que Luisa, Dorrie, Teddie et Rickie continuent de danser, sans craintes et en liberté.

 

Méline Murisier

 

Crédits photos : Guillaume Perret, Equilibre-Nuithonie.

Retour au théâtre: La nouvelle saison du Théâtre des Osses

Après plusieurs mois en veilleuse, c’est au milieu de lampes de chevet que Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier présentent leur saison 2020-2021 du Théâtre des Osses, pour faire revivre l’art. Car « c’est bien d’art qu’il s’agit, c’est un peu ça qui nous a manqué» nous dit Geneviève Pasquier. Une programmation qui clame la liberté après cette période de confinement. Présentation.

Premier spectacle avec Sa chienne, tiré de « Trois ruptures » de Rémi de Vos et mis en scène par Nicolas Rossier. C’est un souper-spectacle où tout le monde mange, y compris le couple sur scène, ou du moins l’est-il jusqu’au dessert, puisqu’à ce moment-là la femme demande le divorce… Un spectacle à croquer. Nicolas Rossier précise qu’au delà des apparences, le spectacle est bien dans l’actualité, au regard des divorces qu’on suscité le confinement…

Sa chienne

Autre création du cru, Lettres à nos aînés, qui se base sur les lettres parues quotidiennement dans la presse, à l’instar de La Liberté, destinées aux aînés esseulés durant le confinement. Une création en cours, qui se veut simple et souple, comme nous l’explique Geneviève Pasquier qui est à la mise en scène, revendiquant une nécessité des resserrer les liens avec les aînés, et ce dans les deux sens.

Avec Grâce à Dieu, on touche au sujet plus que sensible des victimes d’abus sexuels commis par des prêtres. Sans être une charge contre l’Église en particulier, cette co-prodution avec le Pullhof Théâtre et la Compagnie de François Marin qui met en scène se veut plus un dénonciation plus large de toutes société où règne l’omerta.

L’évadé

Tandis que Le journal d’Anne Frank repart pour un tour (les 100 représentations sont dépassées), Karim Slama viendra à Givisiez avec sa virtuosité humoristique au service d’un sujet grave et profond dans L’évadé, en jouant la conscience d’un homme paralysé. Puis s’enchaîneront deux autres créations romandes hautes en couleurs, aux univers visuels impressionnants. D’abord Frida jambe de bois, un voyage dans l’intimité de la peintre mexicaine Frida Kahlo, un spectacle musical coloré et joyeux. Puis Le cabaret des réalités, ou comment transposer les vertige de la physique dans un univers entre le cirque et David Lynch. Cette création menée par Sandra Gaudin qui s’inspire d’Alejandro Jodorowsky a jusqu’ici été très peu jouée, et Geneviève Pasquier tenait à souffler sur les braises de cet acte théâtral exigeant et audacieux.

Frida Jambe de bois
Le cabaret des réalités

Après n’avoir pu être joué qu’une seule fois la veille du confinement, Une rose et un balais revient aux Osses terminer le travail. Très attendue, l’adaptation du livre de Michel Simonet prendra vie grâce à la virtuosité et l’inventivité d’Alexandre Cellier doublées de la poésie et la finesse d’Yves Jenny. Gouverneurs de la rosée continue pour sa part sa tournée romande.

Une rose et un balais

Les Cafés littéraires sont également de retour, à commencer par Slava Bykov, un roman de hockey, une causerie au coin du feu sur la carrière du joueur, Fribourg-Gottéron étant de son propre aveu le plaisir coupable de Nicolas Rossier. Viendra ensuite Émancipations singulières, un projet de Joséphine de Weck pour les 50 ans du vote sur le droit de vote des femmes en Suisse, l’occasion de revenir sur ce combat, mais également sur ceux actuels. La poésie visuelle clôt ce cycle de cafés littéraires, une réalisation signée Matthieu Corpataux, qui, rappelons le, outre ses multiples projets culturels, est assistant diplômé du domaine français de notre université.

Quel avenir au vu de la situation sanitaire ? « On sait qu’on va faire des choses, on s’accroche » nous dit confiante Geneviève Pasquier. « On travail semaine par semaine. » Le théâtre a bien entendu mis en place un plan sanitaire, qui comprend le port du masque obligatoire pour le public ainsi que la collecte des données comme mesure de traçage. Espérons comme eux que le public répondra présent.

Sylvain Grangier

Photos fournies par le Théâtre des Osses

La semaine de la durabilité c’est quoi ?

C’est un mouvement national qui a lieu chaque année depuis cinq ans afin de nous sensibiliser aux questions environnementales. Cette année, ce sont 34 universités et écoles supérieures qui ouvrent leurs portes à tour de rôle pour accueillir au total un peu plus de 200 événements. (suite…)

Small G – une idylle d’été qui tombe à pic

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Charrette!

Le Théâtre des Osses accueille le seul en scène de Simon Romang, Charrette! mis en scène par Georges Guerreiro. Commentaires d’un arrière-petit-fils de paysan.

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Un loup et une fillette, amies et philosophes

« Papa, quand on est mort, on peut encore respirer ? » (suite…)