Réparations et achèvements

Des armes, du sang, de la vengeance, une dose de suspense, une poignée de mises à mort, des animaux, des voitures, des étendues sauvages et bien évidemment, un soupçon de karma…

Tels étaient les ingrédients de départ pour faire deux bonnes premières séances de minuit au FIFF. Le tout apprécié par un public plus qu’expressif et réceptif (on l’avoue, pour beaucoup composé des staffs du FIFF fatigués et prêts à se défouler, vu l’horaire des séances) ! Petit récap’ des premières pépites gores qu’on a pu découvrir.


Revenge (de Coralie Fargeat, France, 2017)

Quand la proie devient chasseuse, cela donne un revenge movie comme on les aime. Après un viol, Jen s’embarque dans une chasse à l’homme jouissive pour les spectateurs qui la voient prendre du pouvoir au travers de sa vengeance. Le sang coule à flot et les détails gores ne nous sont pas épargnés (fragiles d’estomac s’abstenir !). Mais le tout est ponctué de touches d’humour balançant entre le kitsch et l’absurde. Par une symbolique appuyée, on comprend que ce qui se joue en profondeur est peut-être même la revanche d’une femme sur un monde où les hommes dominent (coucou le patriarcat !). A noter que c’est le premier film du genre à avoir été réalisé par une femme. En tout cas, à Unimix, on vous le conseille !


Euthanizer (de Teemu Nikki, Finlande, 2017)

Un disque de frein usagé, un moteur qui surchauffe ou un chien un peu trop encombrant ? Ne cherchez pas plus loin, une seule personne est capable de régler tous vos problèmes en même temps. Fervent défenseur des animaux mais euthanasieur à ses heures perdues, Veijo est, tout comme le film, un oxymore à lui seul. Si sa manière d’arrondir ses fins de mois paraît horrible, on ne peut que s’attacher progressivement à ce personnage au fil de ses vengeances contre ces ignobles propriétaires d’animaux. Euthanizer montre à la perfection qu’il n’y a pas d’un côté les gentils, et de l’autre les méchants mais qu’ils se confondent. En résumé, un film noir, cynique tout du long mais également très émouvant, et s’il ne fallait en retenir qu’une chose : Karma can be a b*tch !

Sarah Gay-Balmaz & Laura Monney