Notre-Dame 2.0

Cette semaine dans LAPSUS CALAMI, il faut battre le savoir-faire pendant qu’il est encore chaud.

 

Lundi dernier, le monde entier s’est tourné vers Paris. Paris, plus habituée depuis quelques mois à être parée de jaune et à sentir la fumée des bombes lacrymo, s’est transformée. Vêtue cette fois-ci de rouge et drapée de nuages de cendres, la capitale française vivait un drame pour son héritage historique : Notre-Dame était en feu.

Alors que le peuple français se bat à propos des fonds pour restaurer cette cathédrale, je me suis demandé ce qui se passerait si une partie du patrimoine suisse partait, lui aussi, en fumée.

Imaginez si, un soir, au 19h30, on apprenait qu’un de nos monuments était en train de se consumer. Que ce soit le Kapellbrücke de Lucerne (déjà incendié en 1993), la cathédrale de Fribourg ou Darius Rochebin, tous ces monuments culturels et historiques seraient une aussi grande perte pour le peuple helvétique que Notre-Dame pour les français.

Le patrimoine suisse est, à l’échelle du pays, immense. Les archives, les bibliothèques, les monuments religieux, les monuments culturels et tous les vestiges qui font notre pays sont, potentiellement, en péril. Vous aurez remarqué que je ne parle pas de sites touristiques, car, contrairement à nos voisins de l’Hexagone, nous avons de la chance que la plupart de nos monuments touristiques soient de grosses pierres enneigées et, à moins que la montagne se trouve à Mitholz et qu’elle n’abrite les réserves de munitions de l’armée suisse, il y a peu de chances que ces cailloux prennent feu.

Ce qui m’inquiète le plus, c’est que les plus grands monuments dans le monde sont vieux et fragiles. Et je sais que moi, en tant que jeune étudiant, je n’ai absolument aucune capacité manuelle. Mais alors que le monde évolue plus rapidement que jamais et que tout se digitalise, j’ai peur que ce patrimoine culturel disparaisse car le savoir-faire n’est plus là. Qu’est ce qui nous dit que dans 50 ans, des ouvriers seront encore qualifiés pour réparer une charpente plusieurs fois centenaire ? Surtout que nous nous trouvons à un moment charnière. Les personnes qualifiées ayant vécu avec des méthodes plus artisanales et moins électroniques arrivent en fin de vie et avec eux partira le savoir-faire. Comment fera-t-on dans une centaine d’années, avec nos voitures volantes et nos hologrammes, pour entretenir, restaurer ou réparer des monuments millénaires sans que la charpente soit confectionnée par une imprimante 3D ?

 

Je passe donc un message à tous ceux qui ne savent pas quoi faire cet été : ne travaillez pas enfermés dans un supermarché. Sortez. Travaillez dehors et continuez à entretenir un savoir-faire très important pour l’histoire du monde. Je serais trop triste qu’une partie du patrimoine de mon pays se retrouve filmée en train de rendre son dernier souffle en sachant qu’elle ne sera jamais reconstruite. Surtout si c’est Darius Rochebin.

SR.

 

Crédits: Charly Rodrigues

Small G – une idylle d’été qui tombe à pic

L’adaptation au théâtre par Mathieu Bertholet et mise en scène par Anne Bisang du dernier roman de Patricia Highsmith a investi le théâtre Nuithonie les 6 et 7 février à Fribourg. Une fable pleine de fraîcheur et d’espoirs pour raconter l’homosexualité et qui tombe à pic avant un week-end de votations sur la pénalisation de l’homophobie.

(suite…)

Charrette!

Le Théâtre des Osses accueille le seul en scène de Simon Romang, Charrette! mis en scène par Georges Guerreiro. Commentaires d’un arrière-petit-fils de paysan.

(suite…)

Un loup et une fillette, amies et philosophes

« Papa, quand on est mort, on peut encore respirer ? » (suite…)

Poésie du Gérondif: retours d’un étudiant en linguistique

Le Théâtre des Osses présentait cette semaine la Poésie du gérondif dans le cadre de ses café littéraires. Joué par Benjamin Knobil, mis en scène par Michel Toman sur un texte de Jean-Pierre Minaudier, le spectacle nous propose de voir la grammaire de façon poétique. Quid?

(suite…)

Théâtre: Gil, un amour enfermé

« Je suis ici à cause de ce que j’ai fait à Jessica ». Ici, c’est Les Pâquerettes, une institution spécialisée pour enfants atteints de troubles mentaux. Qu’est-ce que Gilbert a fait à Jessica? Il faudra attendre la fin de la pièce pour le savoir. Mise en scène par Michel Lavoie, création fribourgeoise à Nuithonie.

(suite…)