Laïka, le (vrai) chien de l’espace: point historique

Ce samedi 16 novembre, Équilibre présentera une création inédite : Laïka le chien de l’espace, un opéra pour enfant mis en scène par Anne Schwaller et produit par le NOF et la Compagnie Pièces Jointes. Avant de découvrir cette fresque scientifico-historique, Sylvain vous présente l’histoire de la vraie Laïka, envoyée en orbite en 1957.

La conquête spatiale, un vieux rêve de l’humanité qui pointe le bout de sa truffe après moult progrès scientifiques et techniques. Le 4 octobre 1957, Spountnik 1 est le premier satellite artificiel de la Terre lancé par les ingénieurs soviétiques. Liesse populaire en URSS ? Pas du tout. L’exploit est y est réduit dans un premier temps à une anecdote à peine évoqué : la Pravda, journal officiel, lui consacre un petit article de fait divers. A l’ouest en revanche, c’est le choc, particulièrement aux États-Unis, qui se rendent alors compte de l’avance considérable de leurs meilleurs ennemis rouges, en pleine Guerre froide. Débute alors la course pour la conquête spatiale. Le dirigeant de l’URSS Nikita Khrouchtchev se rend compte de la vague provoquée par l’engin en occident, et se dit que ce serait pas mal d’exploiter tout ça. Il exige de Sergei Korolev, responsable du programme spatial soviétique, un nouveau lancement orbital pour fêter les quarante ans de la révolutions, mais cette fois-ci avec un être vivant à l’intérieur, pour bien impressionner tout le monde.

L’ingénieur est sceptique. Même si le vol habité par une chienne est prévue depuis un certain temps, la technologie ne le permet pas encore. Seulement les quarante ans de la révolutions, c’est à date fixe – sauf naturellement si on tient compte du décalage entre le calendrier julien et le calendrier grégorien – C’est donc dans la précipitation qu’est conçu le satellite qui devra accueillir la futur chienne. Il est clair dès le départ qu’elle ne reviendra pas. Cette chienne a été recueillie par les scientifiques dans les rues de Moscou – ce qui traduit un prérequis de résistance hors pair – et a été entraînée. Le lancement a lieu le 3 novembre 1957. Elle y survit, devenant le premier être vivant mis en orbite autour de la Terre – et prouvant ainsi que l’opération n’est pas forcément létale. L’événement fait sensation, mais pas comme l’espérait Khrouchtchev. Ce sont en effet des contestations sur le traitement des animaux pour des recherches scientifiques qui éclatent un peu partout à l’ouest. Si les soviétiques promettent de la faire revenir, ils se rendent à l’évidence. Laïka est morte sept heures après le lancement. Plus exactement, c’est Koudriavka qui est morte là-haut, Laïka étant un nom générique en russe pour désigner les chiens bâtards ressemblant aux huskys sibériens, bien plus facile à exporter linguistiquement en occident. Les circonstances de sa mort restent floues. Tout porte à croire que le surplus de stress et la trop forte chaleur en sont la cause. En tous les cas, les scientifiques avaient empoisonné la dernière ration de nourriture pour l’euthanasier sans souffrance.

En 1998, après la chute de l’URSS, l’un des responsables du programme, Oleg Gazenko regrette ce sacrifice :« Plus le temps passe, plus je suis désolé à son sujet. Nous n’aurions pas dû le faire… Nous n’avons pas appris suffisamment de cette mission pour justifier la mort de la chienne ». Laïka demeure à ce jour le seul être vivant à s’être éteint là-haut, et à y être resté (avant la brutale entrée dans l’atmosphère de son vaisseau le 14 avril 1958 la transformant à jamais en poussière d’étoile). On comprend mieux la portée tragique – et éminemment théâtrale de son histoire.

Sylvain Grangier

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