FIFF, journal intime d’une bénévole

Alors que certains de nos chroniqueurs ont pu profiter des accréditations et vous proposer des critiques des films présentés cette année au FIFF, Lapsus Calami vous propose cette semaine un retour général sur le festival, mais vu de l’intérieur…

FIFF, J-10

Dix jours avant le début du festival a lieu la séance de formation des bénévoles, à l’Ancienne Gare. On reçoit notre T-Shirt, un seul exemplaire pour couvrir les dix jours du festival… La directrice nous précise avec humour que ce serait chouette de pouvoir laver le T-Shirt une fois quand même. Enfin pas sûre que c’était pour rire, parce qu’effectivement le risque de transpiration est réel quand tu finis un film à 13h57 à l’Arena et que le suivant commence à 14h09 au Rex.

FIFF, 1er jour

Le premier jour, on nous demande d’arriver à l’heure, c’est-à-dire trente minutes en avance sur l’horaire indiqué pour apprendre rapidement comment fonctionne la machine à scanner les tickets, comment placer les gens, comment dire « bonjour, merci, bonne séance » à 250 personnes d’affilée sans paraître ennuyée ; tout un art je vous promets.

FIFF, 2e jour

Une femme et son mari arrivent en retard. Elle nous jette un coup d’œil et dit à son mari : « Tu veux laquelle, la brune ou la blonde ? » Ah non madame, pour vous ce sera la porte. Évidemment ma répartie a toujours le don d’apparaître trois heures après la situation en question, donc c’est avec un sourire idiot plaqué sur le visage que je scanne le billet de madame et que je lui souhaite une bonne séance.

Cinq minutes avant l’ouverture de la salle, le traducteur chargé des sous-titres passe la tête par l’entrebâillement de la porte et me demande, d’un air peu assuré : « C’est bien Peace After Marriage hein ? ». Heureusement j’ai pu lui répondre par l’affirmative, et nous avons évité aux spectateurs d’être les cobayes d’un tout nouveau genre expérimental. Même si j’ai vu des films assez avant-gardistes, j’ai des doutes quant au succès de la projection d’une comédie romantique américaine avec les sous-titres d’un thriller japonais.

FIFF, 4e jour

Vers le milieu de la semaine, je commence à saturer des fauteuils de velours rouge et de l’odeur douceâtre du popcorn. Même si, avec la sélection d’une centaine de films, il y a de quoi passer ses journées enfermé dans les salles obscures, captivé par tous ces mondes qui s’ouvrent à nous, je dois avouer que j’ai eu de la peine à aller voir plus de deux films par jour. Entrer dans l’univers d’un film demande de l’énergie, de l’implication, et la légèreté n’est pas l’attribut majeur des sujets traités cette année.

FIFF, 7e jour

Au fil des jours je réalise que les avantages du bénévolat sont multiples : pass pour le festival, réductions sur les bières, et même un petit déjeuner du staff, organisé pour rencontrer un peu de plus près l’équipe. Il s’agit de faire le point sur les quelques jours écoulés, échanger des conseils sur quel film est à voir absolument et quel film est à éviter… Je picore les restes d’un croissant avec mon café, et j’écoute les discussions autour de moi, en souriant au milieu de tout ce brouhaha.

FIFF, dernier jour

La fin du festival approche, l’ambiance devient plus légère, le soleil réapparaît comme pour nous faire sortir des salles sombres… Mais la tristesse de devoir bientôt se séparer se fait sentir, comme à la fin des colos d’été. Je sors déçue de mon dernier film, l’histoire d’une jeune photographe un peu paumée qui a de la peine à faire son choix entre trois hommes. Pour ma part le choix était clair, ça aurait été le musicien folk barbu, très mignon, qui lui joue de la guitare au lever du jour. Cliché certes, mais j’assume.

En fin de journée, je bois mon café au soleil sur la terrasse de l’AG et me retrouve embarquée par un groupe du staff pour aller à l’apéro de l’Arena. Quatre mojitos – et l’esprit un peu trouble – plus tard, on remet le cap sur le Nouveau Monde, où la dernière soirée a lieu. L’ambiance est à son comble, et j’admets désormais que l’alcool pardonne beaucoup de choses, comme de se déhancher avec beaucoup (trop) d’enthousiasme sur « Djadja », ou de voir un futur professeur d’université scander de façon passionnée les paroles de « La Boulette ». On finit par se retrouver en petit comité à cinq heures du matin devant la terrasse de l’AG, à essayer d’élaborer une after autour d’un jeu. Les règles sont plutôt simples, mais l’idée est rapidement avortée lorsqu’on réalise qu’un groupe d’individus alcoolisés à cette heure-ci partage la même capacité de concentration qu’une classe de maternelle. Quand l’un essaie de parler, les autres commencent à se disputer, un râle parce qu’il a faim, un autre parce qu’il veut rentrer…

On repartira au petit matin, des étoiles plein les yeux de tous les films que l’on a vus et de toutes ces vies vécues en 10 jours. Le retour à la vie réelle nous paraît bien fade en comparaison…

E.S.

 

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