Festival Bach : contrastes entre deux grands maîtres par deux grands musiciens

Authentiques et versatiles, Leila Schayegh et Jörg Halubek ont fait honneur à Arcangelo Corelli et Jean-Sébastien Bach.

Le vendredi soir 15 novembre 2019 à l’Eglise St-Laurent de Lausanne, la violoniste Leila Schayegh et le claveciniste Jörg Halubek ont interprété des sonates pour violon de Bach et de Corelli. L’intimité du lieu aura su mettre en avant un jeu tout en nuance et des phrasés musicaux très subtils.

Un large fossé sépare les deux compositeurs, autant stylistique que temporel. Cela n’a toutefois pas empêché le duo de relever les caractéristiques spécifiques des œuvres. Baladée entre deux mondes musicaux aux couleurs bien diverses, l’audience ne pouvait que constater avec quelle facilité les interprètes adaptaient leur jeu. Le violon de Leila Schayegh se mêlait à la texture dense des sonates de Bach : tantôt au premier plan, tantôt en retrait afin de laisser à Jörg Halubek le plaisir d’énoncer un thème. L’accompagnement soutenait la violoniste dans les pièces de Corelli pour en faire sortir les mélodies simples et touchantes.

Trois voix à deux : Leila Schayegh et Jörg Halubek démontrent une compréhension parfaite de l’œuvre du cantor de Leipzig. Le tout sonnait tel une mécanique bien huilée. Les mélodies du violon et du clavecin se croisaient, s’entremêlaient et se complétaient. Le résultat se révèle envoûtant. Néanmoins, cette construction minutieuse n’a pas fait d’ombre aux phrasés lyriques de la violoniste allant parfois jusqu’à sonner flautando. Le troisième mouvement Adagio de la Sonate en Mi majeur coupa le souffle à la salle entière. D’autant plus réussi : le contraste entre les lamentations du violon et la rigueur du clavecin. Les deux instruments se complétaient, chacun comblant les limites de l’autre. En bref, les interprètes reçurent des prix pour leur discographie autour de Bach, le concert ne faisait que confirmer leur mérite.

Un autre paysage sonore s’ouvrait à l’audience avec les sonates de Corelli. Une fois de plus c’est la compréhension de la musique qui ressort. La technique d’ornementation de Leila Schayegh s’est avérée de très bon goût. Le premier mouvement de la Sonate en Fa majeur op 5 permit à la violoniste de faire étalage de virtuosité et de beauté mélodique. Lors de pièces plus lentes, les phrasés créaient une tension qui gardait en haleine jusqu’à la résolution. Le temps était suspendu. Lors de la Follia de Corelli, un véritable dialogue s’était installé entre les deux interprètes, de quoi terminer la soirée le sourire aux lèvres.

Un concert qui est ressortit comme une confrontation de style entre les deux compositeurs. Une véritable démonstration historiographique : difficile de confondre Bach et Corelli après cette prestation. Une harmonie coulante pour le cantor de Leipzig et un dramatisme presque opératique pour le violoniste italien, firent de ce concert un instant délicieux.

Raphael David Eccel

Crédits photos: Daniel Muster

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