Critique: El Hombre que cuida

Nous aurions pu rédiger cet article en espagnol, langue du film qui nous concerne, mais eu égard à la compréhension de la majorité de nos lecteurs, nous avons décidé de le rédiger dans la langue dans lequel il nous fut introduit, c’est-à-dire en perse :

تصاویر بسیار زیبا، حال و هوای فیلم خوبه ولی متاسفانه به اندازه ی کافی داستان هیجان انگیز نیست. لحن حرف زدنت رو دوست دارم.

Après cette vaine tentative d’humour, nous reprenons ici la traduction pour les francophones. Le lundi 18 mars a été projeté El hombre que cuida d’Alejandro Andujar, une production dominicaine présentée au FIFF dans la catégorie « Nouveaux territoires : Caraïbes ».

L’ambiance caribéenne est très réussie. Le cadre est bien posé, et les images sont belles. L’atmosphère des plages peu fréquentées, des îles traversées par les vents des tropiques donne toute sa saveur à l’œuvre – le mandat de couleur locale est respecté. On se sentirait presque en vacances.

C’est dans ce cadre que nous est présentée l’histoire de Juan, un « gardien de maison » chargé de l’intendance d’une grande résidence secondaire en l’absence de Don Victor, un riche architecte. Un jour, à l’improviste, le fils dudit propriétaire débarque pour faire la fête avec des amis. Juan est visiblement agacé, mais fait profil bas et reste serviable.

Le jeu d’acteur est de qualité, très ciblé, bien dirigé. L’attache autant que le rejet envers les personnages viennent très naturellement au spectateur. Aussi, nous ne pouvions qu’être touchés par l’histoire du personnage principal. Joué par Héctor Anibal, Juan dégage un air autant sérieux que mystérieux. Il parle peu, perdu dans les méandres de ses pensées. Trompé par sa femme qui est tombée enceinte d’un autre, il trouve une échappatoire dans son travail, qu’il accomplit avec une loyauté sans bornes envers le propriétaire et les règles de la maison.

Malgré ses premiers points forts, le film pèche par la faiblesse de son propos : les enjeux ne sont tout simplement pas assez élevés. Par exemple, là où la synopsis laissait espérer une gigantesque fête décadente et causant de nombreux dégâts, façon « projet X », nous ne faisons face qu’à quatre jeunes buvant certes sans modération, mais affalés sur leur siège et devisant sans dommages collatéraux. De même, la seule péripétie réelle, le viol d’une des jeunes filles, n’apparait qu’au dernier quart du film, et est surtout trop peu exploité. Cet acte si lourd ne semble pas interférer sur la psychologie des personnages, et à peine sur leur agir. Son déroulement est entouré d’un certain flou narratif et se mêle rapidement au reste de l’action finale. Après une heure et demie de visionnage, reste le sentiment que le plus important est encore à dire.

El hombre que cuida sera à nouveau projeté au Rex 3 le samedi 23 mars à 15:00. Malgré les points négatifs relevés, nous vous conseillons de regarder cette œuvre, qui nous a, dans son ensemble, tout-à-fait convenue. N’hésitez pas, à votre tour, à plonger dans cette ambiance balnéaire dominicaine et dans la vie mélancolique du gardien Juan.

 

Alexandre Marques

Sandrine Parrico

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