Bach et Corelli : Sonates

Critique du concert 3 du 22e Festival Bach de Lausanne

C’est à l’église de Saint Laurent, dans le cadre du Festival Bach Lausanne, que Leila Schayegh et Jörg Halubeck nous firent découvrir, le soir du 15 Novembre 2019, un programme dans lequel les Sonates pour Violon et Clavecin de Johann Sebastian Bach et d’Archangelo Corelli s’entrelacèrent gracieusement. 

Le duo Leila Schayegh et Jörg Halubeck a débuté à Karlsruhe, où en tant que professeurs les deux artistes se décidèrent à explorer ensemble les sonates pour clavecin obligé et violon. Lors du concert à St Laurent, les auditeurs furent bien témoins du fruit de cette collaboration harmonieuse murie d’une dizaine d’années. 

Le duo s’appropria les œuvres des deux compositeurs phares du XVIIIe avec une touchante intimité : dès la première œuvre, la Sonate en La, BWV 1015 de Johann Sebastian Bach, les artistes surent instaurer un dialogue averti et équilibré entre la richesse du son du violon et la douceur mordante du clavecin. Notons les parties fuguées des Sonates de Bach : ici le violon et le clavecin s’approprièrent avec exactitude la complexité du contrepoint de ce titan, notamment dans l’Allegro de la Sonate en Mi, BWV 1016, ils se passèrent délicatement le sujet, le violon cédant sa place au clavecin, ses longues tenues mourantes purement à la manière du son du violon baroque, puis reprenant le chant au moment voulu. 

A deux les artistes nous firent découvrir la finesse des mouvements vifs jaillissant avec détermination. Notamment le Vivace de la Sonate en Fa Op. 5 No. 4 d’Archangelo Corelli exigea une haute précision d’exécution. Cependant ils arrivèrent merveilleusement à changer totalement de couleur de son d’un moment à l’autre, présentant directement après un Vivace agile la langoureuse expression d’un Adagio : la Sonate en Sol, Op. 5 No. 5 fait témoin de cela. Le contraste se révèle non seulement à l’intérieur des œuvres-mêmes mais se retrouve entre les sonates de Bach et de Corelli : après avoir interprété le fougueux Allegro de la Sonate en Fa, Op. 5 No. 4 du violoniste italien, Le Largo de la Sonate en Do, BWV 1017 de l’organiste allemand dévoile la capacité du duo à tisser du néant une sobre tristesse, instaurant avec beauté une ambiance d’intimité touchante. 

Les moments d’intimité s’étendirent cependant bien au-delà des échanges musicaux des deux artistes : entre les mouvements, entre les œuvres, les artistes s’attendirent, s’écoutèrent, s’accordèrent avec patience, instaurant dans l’église de Saint Laurent une ambiance chaude et complice, illuminée par les ornementations savantes du Schayegh.

Sarah Stuber

Crédits photos : Daniel Muster

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