2020

Découvrez les évènements couverts par Unimix en 2020 :

S’écouter, se surpasser : la musique chez Ouroboros

Consuelo pour la chronique musique
Photographe Théo Hasler (17.01.2020)

L’Ensemble Ouroboros de Fribourg regroupe des musiciens amateurs et professionnels entre 18 et 35 ans. Unimix rencontre Donia Hasler et Frédéric Zosso pour en savoir plus. Fondatrice, présidente et flûtiste, Donia est assistante diplômée auprès de la Faculté d’Histoire contemporaine Unifr. Frédéric, chef en charge et professeur de saxophone au conservatoire, obtenu le diplôme en direction d’orchestre de la Hochschule der Künste Bern et entamée la carrière internationale, il se distingue sur la scène musicale fribourgeoise. Répétitions à un rythme soutenu, organisation d’événements, crise sanitaire, rien ne peut arrêter ces jeunes animés d’une passion pour les challenges.


UNIMIX : « Donia, quand et comment as-tu eu cette idée et quels étaient tes objectifs au départ ? »

DONIA : « Tout a commencé en 2018. J’avais envie de jouer dans un orchestre amateur, mais il n’y avait pas de place dans ceux déjà existants à Fribourg. J’en ai parlé avec d’autres étudiants qui à l’époque étudiaient la musicologie avec moi. On s’est fixé les objectifs de créer un nouvel ensemble et de faire découvrir un répertoire sortant du mainstream, en profitant de notre approche scientifique au sein d’une commission musicale. »

U : « Quelle est la signification du nom Ouroboros ? Y a-t-il un lien avec la conception à la base de l’orchestre, voire de la musique ? »

D : « Il s’agit de l’ancien dragon qui se mord la queue, symbole du renouvellement continu. Le comité administratif était à la recherche de quelque chose de différent, pas forcément en italien, en français ou un jeu de mode. Ceci est sorti par hasard, mais en discutant on s’est rendu compte qu’il correspond à la représentation d’un ensemble de jeunes. Puis, la musique en soi est l’art dynamique par excellence. »

U : « Combien de saisons avez-vous organisées à ce jour ? »

D : « Jouées trois, planifiées cinq. Le Covid nous a obligés à renvoyer deux productions. En remontant à rebours, les derniers concerts titrés Sueños y Ritmos ont eu lieu en janvier 2020 au Collège Gambach. Le programme comprenait des œuvres de Tomás Bretón, Edward Elgar, Joaquín Turina, Arturo Márquez, et notamment le Concierto de Aranjuez de Joaquín Rodrigo, pour lequel nous avons invité Pierre Meyer en tant que soliste à la guitare. En juin 2019, c’était le tour des compositeurs nordiques, comme Jean Sibelius et Johan Svendsen. En janvier 2019, le concert symphonique s’est axé autour de Gioacchino Rossini. »

U : « Comment soutenez-vous financièrement tous ces projets ? »

D : « On a plusieurs sources : les subventions publiques comme la Loterie Romande ou la Ville de Fribourg, les collectes après les événements, un système de membres-ami.e.s., ou encore les cotisations des musiciens. »

U : « Merci Donia pour cet aperçu à 360 degrés. Or, Frédéric, on te retrouve également sur le podium devant l’harmonie La Cordiale de Neyruz et la brass-band L’avenir de Barberêche-Courtepin. Comment es-tu tombé sur Donia ? Qui a cherché qui ? »

FRÉDÉRIC : « Dans le cadre de mes études à Berne, j’ai beaucoup discuté avec mon ami et mentor Philippe Bach à propos de mon futur de chef. Il ne m’a prospecté que deux options : soit partir à l’étranger, soit créer un orchestre. Puis, un autre collègue du conservatoire m’a dit avoir vu passer un email d’une certaine Donia qui voulait lancer un ensemble nouveau. J’ai sauté sur l’occasion et j’ai pris contact avec elle. Les destins se sont croisés. »

U : « Combien de stress y a-t-il à gérer pendant la préparation d’un concert ? Comment s’entraîne un chef et prépare-t-il son groupe ? »

F : « Avant la session, la plupart du stress se concentre autour de la gestion de l’effectif. Tout comme son nom, cet ensemble est assujetti au renouvellement continu des musiciens amateurs, vu que la majorité d’entre-eux est prise par l’uni. Cependant, il faut s’adapter, puisque les absences peuvent devenir nombreuses et graver sur le résultat collectif. Par contre, les jeux sont faits pendant le concert, donc il n’y a qu’à prendre plaisir. »

U : « Quelles sont les qualités d’un bon chef ? Que préfères-tu de ton métier ? »

F : « Ce qui me parle le plus c’est l’authenticité du chef, comment il est devant son orchestre, comment il essaie de tirer le maximum de chaque interprète autant au niveau musical que proprement humain. Pour moi, l’essentiel est être à l’écoute, transmettre confiance aux musiciens, leur donner envie de se surpasser. Il faut trouver l’énergie de répéter des passages mille fois, soigner les détails, équilibrer les cordes avec les vents, faire sortir chaque voix. Pour un concert comme Sueños y Ritmos, il faut maîtriser l’aspect rythmique de la musique latine, afin que tout le monde joue avec de l’émotion. Quand on parle de musique, on ne peut pas tricher. Les chefs sont confrontés au défi de se remettre toujours en question, mais c’est ça qui rend véritablement unique ce métier. »

U : « Comment êtes-vous en train de faire face à la situation actuelle et à l’avenir qui se profile ? »

F : « On ne se laisse pas abattre. On est en pleine session de musique de chambre pour préparer des enregistrements vidéo à diffuser sur les réseaux sociaux. Pour l’été, on a déjà plusieurs solutions. »

U : « Il ne nous reste donc qu’à vous adresser les meilleurs vœux pour vos projets futurs ! »

Envie de rejoindre l’ensemble ? Prends contact avec Ouroboros !

www.ensemble-ouroboros.ch

info@ensemble-ouroboros.ch

Ecoute l’interview et les extraits musicaux :

Titeuf, c’est aussi pour les adultes

Comment je me vois le samedi soir depuis des mois

Le cinéma définit, d’après nos conceptions bien précises sur la chose (et un peu selon l’Académie française et son dictionnaire à jamais inachevé) un lieu de visionnage de films, ou par extension, l’industrie qui produit lesdites œuvres. Quand on songe au cinéma, on pense à Hollywood, aux strass, aux paillettes (ou à Christian Clavier, c’est selon). Les quelques intellos-cinéphiles dans notre entourage parleront de fictions asiatiques — mais étrangement peu de celles de Bollywood — ou de films de genre, voire des studios de Babelsberg. Les médias eux s’extasieront devant la rétrospective d’un.e obscur.e réalisateur.trice diffusée dans une petite salle parisienne ou s’interrogeront sur le fait que quelques actrices aient osé monter les marches de Cannes pieds nus. (Sérieusement, laissez les gens s’habiller comme iels veulent. S’il vous plait.) Mais personne ne vous parlera des séries de votre enfance.

Alors, théoriquement, l’article qui suit ne pourrait pas réellement entrer dans la sacro-sainte catégorie des « critiques de film », des rétrospectives ou même des comptes-rendus de festivals. (D’ailleurs, Unimix vous emmènera au FIFF cette année, ne ratez pas ça !)

Pourquoi ? Et bien parce que flûte ! Et aussi parce que, faute de pouvoir m’amuser en visionnant des nouvelles productions ou des classiques dans les salles obscures, j’ai recommencé à me nourrir visuellement et émotionnellement de dessins animés. (Paie ta déprime.)

C’est enfantin, peu développé intellectuellement, mais ça fait drôlement du bien.

Mesdames, Messieurs, voici une déclaration d’amour non sponsorisée à TFOU, CanalJ et Mabulle.

Les dessins animés de notre enfance : ces génériques inoubliables

On peut reprocher bien des choses aux génériques : trop longs, trop courts, entêtants ou au contraire, passablement moyens. Généralement, ils sont assez marquants, histoire que nos esprits ne puissent plus qu’assimiler une telle chanson à un tel film. On tente de donner une ambiance à ces sonorités qui devront alors nous laisser imaginer tendrement ce de quoi sera fait le film. Sincèrement, qui ne ressent pas un frisson en entendant un piano jouer ces quelques notes qui nous emmènent instantanément à Poudlard ? Ou n’assimile pas Hans Zimmerman à un gladiateur surprotéiné dans une arène en images de synthèse ? (Note qu’en vrai iels n’ont pas utilisé de fond vert pour le film.)

On a toustes vibré.e.s au moins une fois, et on vous voit, les fanatiques du Seigneur des Anneaux qui partent dans un délire quasi mystique sur May it be d’Enya.

S’il est admis de chantonner (ou plutôt massacrer — le commun des mortels étant plutôt de ce côté-là du lyrisme) Skyfall d’Adele, siffloter paisiblement qu’un jour vous serez le.a meilleur.e dresseur.euse de Pokémon vous fera passer, au mieux, pour un.e grand.e gamin.e, au pire, pour une personne potentiellement échapper d’Arkham.

Accepter que nous ayons tous et toutes gardé en nos mémoires un vague souvenir de ces musiques, c’est approuver que d’une certaine manière elles nous ont marqué.e.s. Un jour, l’enfant que nous étions s’est imaginé.e battant la campagne avec un cheptel de Carapuce ; et vous savez quoi ? C’est très bien !

Ces petites chansons de notre jeunesse nous trottent facilement dans la tête — elles débarquent d’ailleurs souvent sans crier gare (pendant un entretien d’embauche ou un cours de marketing) — et nous devons leur accorder un certain sens du rythme passablement captivant pour des marmots.

(On repassera pour les paroles dans certains cas, mais qu’est-ce que la poésie à 8 ans ?)

On peut même donner à certains thèmes musicaux un point particulier pour la capacité à promettre un dessin animé doux et rigolo avant de brutaliser nos espoirs enfantins avec des drames existentiels. Franchement, la chanson de Rémi sans famille, c’est de la publicité mensongère. On nous montre un bambin heureux qui court dans des nuages roses pleins de petites étincelles… Vous la sentez l’arnaque ?

Je suis sans famille.
Et je m’appelle Rémi
Et je me balade.
Avec tous mes amis.

Des mondes fantasmés mais des petit.e s aventuier.ère.s en devenir

Il faut cependant souligner que les dessins animés ont pu avoir tendance à présenter une vision de la société totalement déconnectée de la réalité. Dans ma lente, mais très claire régression télévisuelle (merci, le semi-confinement et le manque de contacts sociaux), il m’est souvent arrivé de m’offusquer des situations absurdes, voire totalement irréelles, dans lesquelles se retrouvent les personnages. Certes, les séries d’animation sont faites pour les enfants (et pas pour les adultes en quête de réconfort) et il est plus facile de faire croire au petit Mathéo, 7 ans, que les chats et les souris peuvent devenir proches qu’à des adultes. Mais nous devons tout de même souligner que certaines choses sont fondamentalement improbables et espérer que les enfants ne seront pas trop influencé.e.s par ce qu’iels voient à la télé. Florilèges :

  1. Dans Scooby-Doo, Sammy a toujours faim et est constamment victime d’hallucinations dues à sa consommation excessive de Scooby-snacks (fourrés à la drogue), mais ses ami.e.s ne semblent pas s’en inquiéter et le suivent sans souci dans ses délires. De même (et on ne va pas se mentir) dans la vraie vie, si un fantôme apparait dans le couloir de votre immeuble, vous fuyez. VRAIMENT. Vous ne partez pas chercher de quoi fabriquer un piège à ectoplasme pour finalement découvrir que votre concierge se déguise en mort-vivant pour récupérer le trésor enterrer dans la cave.
  2. À la fin de la série Marcelino pan et vino (attention, divulgâchage), le gamin meurt, emporté par le Christ crucifié qui prenait la poussière dans le grenier (personnellement je trouve ça très creepy). Pourtant, les seuls à avoir l’air un tantinet attristés sont les animaux de la forêt. Les moines s’en fichent, le prieur se contente de souligner que le jeune orphelin est allé rejoindre sa mère. MAIS UN PEU DE TRISTESSE, BON SANG. Croire à la résurrection le jour du Jugement dernier, d’accord, mais un tel manque de réaction, c’est particulièrement inquiétant.

Après, nous pourrions aussi insister sur le nombre assez gigantesque de dessins animés diffusés durant les émissions pour enfants qui ont tout pour attirer les petits (graphisme doux, couleurs chatoyantes), mais n’ont rien à faire dans les programmes qui leur sont dédiés.

Qui ? Qui est la personne totalement inconsciente qui s’est dit qu’Adventure Time était un bon dessin animé pour les mioches ?

Mais mis à part ces petites désillusions que l’âge adulte provoque face aux séances télé de notre jeunesse, il y avait tout de même de sacrées merveilles dans ces programmes et les moments de rêveries tout comme l’inspiration qu’ils nous offraient ne sont pas négligeables.

Qui n’a pas eu envie de faire de sa maison un palais pour petit.e.s pirates après un épisode de Fifi Brindacier ? Ou qui n’a pas transformé un carton de déménagement en vaisseau spatial pour rejoindre Albator dans les étoiles ?

Personnellement, je me souviens de deux dessins animés qui ont façonné mon imaginaire enfantin et qui aujourd’hui me replongent dans la douceur de mes samedis matin à l’école primaire. Je les regarde encore volontiers enroulée tel un sushi dans un plaid moelleux et pourrais même les pointer du doigt comme étant les facteurs déclenchants de ma passion pour l’histoire.

Dans les Mystérieuses cités d’or, on découvre les civilisations précolombiennes (avec un instant documentaire à la fin de chaque épisode). Certes, tout n’est pas exact ou crédible (comment Esteban, Zia et Tao parviennent-iels à communiquer ?) et les Olmèques ressemblent quand même drôlement à des personnages d’un « documentaire » sur History Channel après minuit.

Mais nous devons quand même donner un point à cette série pour nous permettre de visiter un autre continent et d’autres cultures que ce qui est usuellement présenté par les séries pour enfants et pour chercher à intéresser les plus jeunes à d’autres périodes historiques que le présent ou le temps des chevaliers.

Parlant de chevaliers, l’autre dessin animé qui m’a marqué est Rougemuraille. Basée sur les romans de l’anglais Brian Jacques, la série nous emmène dans un univers de fantasy animalière. Fleur-de-maïs, Matthias et leur fils Mattiméo vivent dans un Moyen Âge haut en couleur. Sans quitter le caractère enfantin de l’histoire (c’est un dessin animé avec des animaux en armure, tout de même), la série n’omet toutefois pas les côtés sombres de la vie et les personnages peuvent ainsi mourir à l’écran ou connaitre de graves accidents (la famille du héros a, par exemple, été tuée lors d’un incendie).

(Pour voir l’épisode 1, c’est par ici : https://www.youtube.com/watch?v=Qy6oM3NufpU)

(Après, il reste quand même l’énigme de Courage le chien froussard. Plutôt qu’une machine à rêve, ce programme était une vraie usine à cauchemar pour la poule mouillée que j’étais.)

Je pourrais écrire encore plusieurs paragraphes pour vanter l’importance des dessins animés pour les enfants comme pour les adultes, mais il me semble que cet article est déjà bien trop long et qu’il part, ma foi, dans tous les sens.

Je ne dirai plus que deux choses. La première, c’est qu’en ces temps de culture agonisante, si les dessins animés sont toujours un moyen pour les plus jeunes de découvrir le monde, ils sont actuellement, pour les grands, une manière de se reconnecter avec une part de leur être faite de rêves et de candeur, à défaut de vivre la catharsis du théâtre ou l’excitation du grand écran.

Et deuxièmement, sachez que quoi qu’il arrive, Albator veille sur la galaxie !

Anouck Fellay

L’UNES fête ses 100 ans 

(l’interview a été réalisée à la fin de l’année 2020)

Pour cet évènement Unimix a eu la chance d’accueillir, Laurent Woeffray, membre du comité exécutif de l’UNES, responsable de la politique des hautes écoles et des affaires publiques, au sein de ses locaux pour une interview.

Véritable porte-parole des étudiant-e-s depuis 1920, l’Union des étudiant∙e∙s de Suisse est l’une des principales associations estudiantines dans notre pays. L’UNES est représentée par un comité exécutif varié avec des membres venant de tout horizon et de filières différentes. L’association est d’ailleurs présente dans toutes les grandes villes de Suisse : Lausanne, Neuchâtel, Genève, Zurich, Berne et Bâle.

Laurent nous explique en quelques mots : « L’UNES représente environ cent mille étudiantes et étudiants des universités cantonales, des hautes écoles spécialisées, des hautes écoles pédagogiques et des écoles polytechniques fédérales. L’UNES défend les intérêts des étudiant∙e∙s envers la politique et d’autres acteurs du domaine des hautes écoles ».


L’engagement politique de l’UNES

Plus précisément, l’UNES permet de mettre en lumière toutes les problématiques inhérentes aux études dans le monde politique. Pour citer Laurent « L’UNES compte un très bon réseau au sein du parlement. Nous sommes représentés et écoutés, notamment chez les parlementaires ». Pour ce faire, l’UNES est en contact avec les offices fédéraux, avec des organisations sociales et siège dans tous les organes nationaux relatifs aux hautes écoles.

L’UNES, comme l’explique Laurent, c’est avant tout une organisation qui met en avant les préoccupations et les thématiques qui touchent le plus les étudiant∙e∙s. Parmi celles-ci, on retrouve notamment la thématique de la santé mentale, de l’égalité entre les genres, de la durabilité, du logement et du handicap. Pour l’interview, Jessica et Manon en ont retenues quelques-unes :


« The Students Minds Project »

En 2020, l’UNES a lancé une campagne nationale « The Student Minds Project » pour mettre en lumière la problématique de la santé mentale des étudiant∙e∙s des hautes écoles suisses. Ce projet s’est fait en collaboration avec l’association des étudiant∙e∙s en médecine de Suisse « SWIMSA », ainsi qu’avec l’association « MindMap » de l’université de Bâle. L’UNES a mis sur pied des ateliers, des séances de médiation et a également mis à disposition un carnet d’adresse de personnes à contacter en cas de besoin.

Laurent : « Ce que la pandémie a démontré une fois de plus c’est que l’UNES est très appréciée comme plateforme pour échanger. On a réalisé qu’il y avait un besoin d’échanger sur certaines questions qui se posent dans les hautes écoles pour savoir ce qui se passe bien et ce qui se passe mal et comment est-ce qu’on peut convaincre des rectorats de prendre des décisions en faveur des étudiants et des étudiantes. En plus de ça l’UNES peut apporter un certain poids envers les rectorats ».

D’ailleurs si toi, lecteur ou lectrice, tu te sens concerné-e par cette thématique, on t’invite à aller sur le site de l’UNES pour obtenir plus d’informations ou pour contacter un des spécialistes de la santé mentale. Mental Health | VSS UNES USU (vss-unes.ch)


« Éducation pour toutes et tous – maintenant ! »

Toujours en lien avec la santé mentale et les études, l’UNES a lancé en octobre 2020, la campagne “Education pour toutes et tous maintenant” visant à permettre aux personnes exilées de poursuivre leur cursus interrompu par la fuite. L’UNES a, dans ce cadre, lancé une pétition pour améliorer l’accès à l’éducation et soutient par ailleurs le projet Horizon Académique de l’Université de Genève qui propose une année de passerelle pour ces réfugié∙e∙s qualifié∙e∙s. 

UNIMIX : Pourrais-tu nous expliquer vos revendications et quelles sont les différentes phases d’actions de cette campagne ?

Laurent : « Notre projet Perspectives – Etudes a lancé une campagne avec le Syndicat du Secteur Public (SSP) et Solidarité Sans Frontières. La pétition devrait être présentée en été prochain donc nous encourageons tout le monde qui ne l’a pas encore fait de la signer. L’objectif est de sensibiliser le public sur les sujets d’accès aux études pour les réfugiés qualifiés, de reconnaissance de diplôme mais aussi de mobiliser et mettre en réseaux les activistes et mener des actions de lobbying politique au sein et en dehors du parlement. Si deux ou trois initiatives sont couronnées de succès, nous pouvons réellement changer quelque chose au niveau structurel. »

ERASMUS

Dans leurs projets pour la nouvelle année 2021, l’UNES a créé une pétition pour une pleine adhésion de la suisse à  Erasmus+ dès 2021 et ainsi offrir l’opportunité à tous les étudiant∙e∙s qui le souhaitent de prendre part à un programme d’échange.


Alors cher∙e∙s lecteur∙rice∙s,

Si désormais tu veux en savoir plus sur l’UNES nous t’invitons à écouter notre podcast sur Soundcloud mais aussi à faire un tour sur le site internet de l’UNES où tu trouveras un calendrier des prochains événements. Tu peux également retrouver l’UNES sur les réseaux sociaux. Et si cet article t’a donné envie de rejoindre l’association, n’hésite pas à les contacter.

« N’importe quel étudiant ou étudiante peut rejoindre le comité exécutif, d’ailleurs nous sommes à la recherche de membres du comité et membre pour la coprésidence, donc si vous êtes motivés n’hésitez pas », Laurent Woeffray.  

Pour écouter l’interview:
https://soundcloud.app.goo.gl/rH8fqHewE3CtaJzYA

Twitter: @VSSUNESUSU

Instagram: VSS_UNES_USU

Facebook : @vssunesusu 

Jessica et Manon

« The Student Minds Project »

Un secret pour résoudre ses problèmes

Pour soigner une brûlure, une verrue ou vos angoisses, si vous faisiez appel non pas à un.e médecin.e, mais par un.e particulier.ère possédant un don spécial ?

En Suisse romande, on les appelle coupe-feu ou faiseur.euse.s de secret selon la région. Des dénominations qui semblent mystiques au premier abord. Il s’agit en fait de personnes qui guérissent leurs patient.e.s par de courtes formules ou des prières. Il n’y a pas d’explication scientifique à cette alternative à la médecine « conventionnelle » : les faiseur.euse.s de secret ne font pas partie du monde académique et ne sont en rien des professionnel.le.s de la médecine.

Quelques caractéristiques du secret

Éthiquement, le principe d’aider celleux dans le besoin prime. Ces personnes ne perçoivent donc pas de rémunération pour leurs services. Chaque faiseur.euse de secret possède sa spécialité : objets ou animaux perdus, mais aussi blessures, hémorragies pour n’en citer que quelques-unes. Un seul coup de téléphone, un SMS ou un courrier mentionnant son problème et ses informations personnelles suffisent au détenteur.trice du secret pour émettre une formule. Plutôt arrangeant à une époque où tout se fait à distance et moderne pour une pratique traditionnelle.

Comme dans tous milieux, l’escroquerie évolue dans l’ombre. Les annonces en ligne prolifèrent et demandent une rémunération, bien que cela soit contraire à la déontologie du milieu. D’autres demandent des paiements sans transmettre une formule valable. Pour éviter les arnaques, il est possible de se référer à la liste officielle des faiseur.euse.s de secret.

Historiquement, la médecine traditionnelle et populaire ne date pas d’aujourd’hui. On parlait par exemple de druides dans le monde celtique puis de sorcières pendant l’Inquisition. Si l’aspect mystérieux du secret peut attiser la curiosité, il suscite également une forme de suspicion envers celleux qui y croient. L’Histoire montre d’ailleurs qu’on a eu plutôt tendance à condamner les personnes possédant ce don.

Le secret dans le milieu hospitalier et dans la société

Bien que peu étudié par le monde académique, le secret n’est pas une pratique taboue, bien au contraire. Au CHUV par exemple, on peut trouver des practicien.ne.s du secret auprès des grand.e.s brûlé.e.s. Le personnel soignant ne rejetant pas l’utilisation de ces obscures traditions pour soulager la douleur de celleux qui souffrent le plus.

Ces praticiens et praticiennes sont surtout connu.es du grand public par le biais du bouche-à-oreille, mais bénéficient parfois d’une belle couverture médiatique. Gisèle* nous raconte par exemple: « J’en ai entendu parler grâce au bouche-à-oreille et aux émissions sur les hôpitaux qui font appel à eux. Sinon, j’ai assisté à la conférence d’un guérisseur valaisan.»

Aujourd’hui encore les détracteurs parlent d’effet placebo. Cet argument est toutefois mitigé par la thèse du Dr. Nicolas Perret, qui montre l’effet placebo ne peut pas constituer la seule explication quant à l’efficacité des formules. La clé du secret réside alors en celleux qui le possèdent. Et personne d’autre ne risque de l’obtenir : il est formellement interdit de divulguer le secret… du secret.

Alors, qu’on y croie ou pas, les faiseur.euse.s de secret ont encore de beaux jours devant elleux !

La liste : https://www.flavie.ch/upload/editor/faiseurs-secrets-suisse-romande.pdf

*Nom connu de la rédaction

Sources

Fournier, C. A. (2017). La pratique du secret ou comment aller mieux quand les réponses institutionnelles ne suffisent plus? Le cas de l’Hôpital du Valais (Suisse). Aller mieux: Approches sociologiques, 253.

KASSER, S. (2014). Place des faiseurs de secret au Centre des Brûlés du CHUV. Université de Lausanne.

Le mystère des faiseurs de secrets (2019) https://houseofswitzerland.org/fr/swissstories/societe/le-mystere-des-faiseurs-de-secret Consulté le 29.01.2021

Perret, N. (2009) Place des coupeurs de feu dans la prise en charge ambulatoire et hospitalière des brûlures en Haute-Savoie en 2007. Médecine humaine et pathologie.

https://www.illustre.ch/magazine/georges-delaloye-guerisseur-sexprime-secret
http://www.medecine.unige.ch/enseignement/apprentissage/module4/immersion/archives/2007_2008/travaux/08_p_secret.pdf

Le cinéma, c’était mieux en 1920 !

Parce que les films en 2020, c’était pas folichon

Vous n’êtes plus allé.e au cinéma depuis bientôt six mois, n’est-ce pas ? Et vous commencez tranquillement à désespérer, seul.e, devant l’écran de votre ordinateur ou de votre télévision, à revoir pour la cinquième fois le même opus de cette merveilleuse trilogie que vous aimiez tant à l’adolescence, mais qui aujourd’hui vous parait tristement attendu et vidé de toute sa magie d’antan ? Netflix devient un labyrinthe fait de courants d’air, les sites de streaming ne vous proposent plus que des nanars, et, avouez-le, vous en avez un peu marre de regarder des absurdités sur Chérie 25 ?

Je vous comprends, cher ou chère lecteur.trice, moi aussi, je me lasse doucement, mais surement des enquêtes improbables des chaines à petit budget, où la voix off nous offre une ambiance de suspens digne d’un mauvais film d’horreur, et cela sans compter le fait que chaque annonce de report du prochain long-métrage d’Alexandre Astier me blesse comme un méchant coup au sternum.

Cependant, pour palier à l’ennui des émissions déjà vues et des grandes productions aux intrigues simplistes, que diriez-vous de faire avec moi un bond dans le passé ? Non, pas le « passé » des années 70 ou 80, nous connaissons tous et toutes trop bien les répliques de Stallone et de Jean-Claude Dusse pour nous replonger dans ces films encore une fois.

Allons, faites-moi confiance, inversons le cours du temps : direction l’entre-deux-guerres, et comme il y a des coupons de réduction pour les séances cette semaine, ce n’est pas un, mais deux films que nous allons regarder aujourd’hui.

Quoi, vous n’êtes pas convaincu.e par le cinéma en noir et blanc ? Ah bon… vous savez, sur un malentendu, ça peut marcher !

Un chien andalou – Luis Buñuel, Salvador Dali – 1929.

Le premier film que nous allons voir est Un chien andalou de Luis Buñuel et de Salvador Dali (mais oui, le type avec les longues moustaches qui dessine des horloges). Le second, c’est Le cabinet du Docteur Caligari, dont les décors sont peints dans un style purement expressionniste.

Bon, je vous préviens — après tout, nous ne sommes jamais assez prudent.e avec ce genre de chose — vous pourriez bien être quelque peu dérouté.e une fois la séance démarrée. Alors, certes, non, ce n’est pas une intrigue aussi tarabiscotée que dans le dernier Nolan où la moitié de la planète s’efforce de retracer le schéma narratif du film, mais vous devrez tout de même, à choix, faire un léger effort de concentration ou vous laisser bercer par les images.

Tentons tout d’abord une petite analyse, sans rien divulgâcher, cela va de soi. La projection ne dure qu’une vingtaine de minutes, ce qui devrait largement vous laisser de la place dans la cervelle pour le second film. Il est en noir et blanc, comme presque toutes les réalisations de l’époque, et est entièrement muet. Non, ne rallez pas, s’il vous plait : moins de dialogues, c’est plus d’espace pour la musique.

L’intérêt de l’œuvre réside en son accumulation de petits détails qui en fait un pur produit surréaliste — après tout, Dali était dans le coup. Vous verrez donc beaucoup de fourmis, des pianos, des couples amoureux ou en crise et pas mal de cadavres.

Le court-métrage propose un enchainement de scènes qui ne semblent avoir aucun sens, mais qui pourtant sont reliées par des éléments récurrents formant un fil rouge qui nous guide à travers l’imaginaire. Composé selon un principe semblable à celui de l’écriture automatique, la toile de l’écran se transforme en une porte vers un univers onirique et, lorsque le projecteur s’éteint, l’impression d’avoir visualisé un rêve étrange s’impose dans nos esprits.

Le cabinet du Docteur Caligari – Robert Wiene – 1922

La deuxième œuvre est un mélange entre le thriller et le film d’horreur. Bon, rassurez-vous, âmes sensibles, personne ici ne descendra les escaliers la tête retournée, tout en vous suggérant (en sumérien) de renouer avec le complexe d’Œdipe qui avait disparu de votre psyché une fois l’enfance finie.

Vous n’êtes pas apaisé.e ? Laissez-moi au moins une chance de vous convaincre avec un petit résumé.

En 1920, le réalisateur allemand Robert Wiene présente à son public une étrange œuvre à l’esthétique plus que novatrice. Le film vous emmènera d’abord dans un jardin où deux hommes, assis sur un banc, discutent. Soudain, une femme vêtue de blanc, mais dont le maquillage des yeux rappelle à notre mémoire les heures les plus sombres d’Avril Lavigne apparait. C’est la fiancée d’un des deux individus, et celui-ci propose à son compère de lui raconter comment la jeune fille est devenue émo si austère. L’histoire fait un bond dans le passé. Un village sans nom, dont les maisons sont faites en peinture et où aucun mur n’est droit, voit une fête foraine s’installer. Francis, notre narrateur, décide de s’y rendre avec son ami, mais c’est alors que les lieux commencent à connaitre des événements étranges. Le Docteur Caligari, un homme plutôt âgé et singulier présentant à la foule un somnambule sous son chapiteau, pourrait être lié aux crimes sordides qui ont secoué la bourgade.

Alors ? Oui, j’admets que dit comme cela, la résolution de l’affaire semble prévisible, mais c’est un chef-d’œuvre, pas un épisode de Mimi Mathy, vous pourriez être surpris. e. Et puis, nous n’allons pas regarder ce film pour son scénario voyons, mais pour l’esthétique qu’il propose !

En effet, l’expressionnisme allemand est partout dans ce film. Tout d’abord, les traits des personnages, marqués et soulignés de noir, mais aussi les décors. Les rues, les maisons et les pavés sont des fresques biscornues où chaque élément semble se pencher dangereusement en direction des acteur.trice.s. Mais la scénographie ne fait pas tout : cette œuvre ressemble à un conte gothique où la violence et les émotions fortes sont au cœur de l’intrigue.

De plus, et si Le journal d’un fou de Gogol ne vous est pas inconnu, vous comprendrez vite que ce que le narrateur présente n’est qu’une version de sa réalité, et sans pour autant être un casse-tête de mises en abime et de révélations à la Matrix, le film aborde une certaine idée très intéressante de la perception du monde qui nous entoure.

Vous voilà convaincu.e ? Parfait ! Les deux productions cumulées ne nous prenant qu’une heure et demie de notre temps, nous aurons peut-être même encore un moment de libre pour voir un épisode d’une série Netflix avant d’aller nous coucher.  

Ah oui…  j’oubliais. Munissez-vous ne n’importe quel objet molletonneux et rassurant avant de lancer le film. Il n’y a pas de screamers, mais certaines scènes sont pour le moins… enfin… vous comprenez ?

Anouck

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