2014

Découvrez les évènements couverts par Unimix en 2014 :

Bloom

Un espace inclusif et bienveillant dédié à la santé sexuelle ouvrira ses portes d’ici peu à Fribourg.

Pour cette interview, Unimix a reçu Elena, Cyrielle et Jeanne pour aborder la thématique de la santé sexuelle. Cyrielle et Jeanne sont venues nous présenter « Bloom », espace qui proposera des lubrifiants naturels, des livres ou encore des protections menstruelles réutilisables. De son côté, Elena se spécialise dans le travail avec des personnes présentant une déficience intellectuelle et s’intéresse à la sexualité dans les institutions et écoles spécialisées. Ainsi, elles nous ont donné leurs avis sur les différentes thématiques abordées.

« Il est temps de normaliser ce dialogue et que l’on puisse en parler de manière ouverte. Ce genre d’activité comme la vôtre, est en train d’ouvrir la voie pour que tout se passe bien!»

Elena Lüthi

Sur la page Instagram de Bloom, Jeanne étudiante en Sciences sociales, nous explique que le projet lui permet de combiner ce qui lui tient à cœur : le féminisme, l’écologie et la santé sexuelle. Cyrielle, psychologue, raconte à quel point il est essentiel pour elle que tout le monde ait accès aux meilleures informations possibles et que les idées reçues disparaissent. Jeanne n’a pas hésité à recontacter Cyrielle, son amie d’enfance, afin de lui parler de son idée.

Jeanne : « C’est vrai que je cherchais un moyen de me lancer dans le domaine de la santé sexuelle et avec la situation sanitaire actuelle, j’y ai vu une opportunité de créer ce projet. Comme je savais que Cyrielle serait intéressée, je l’ai contactée. Nous en avons ensuite discuté et puis, assez naturellement, le projet s’est mis en place ».

Bloom souhaite dans un premier temps proposer un espace de vente pour des produits écologiques, éthiques et sains. On y trouvera des protections menstruelles réutilisables (lavables et jetables bio), des sex-toys, des préservatifs, des lubrifiants et également des ouvrages abordant la sexualité. Ainsi chacun pourra venir poser des questions afin d’obtenir des alternatives plus durables et saines à ce que l’on peut normalement trouver sur le marché.

Jeanne nous confie : « Ce qui est important dans notre démarche, c’est de proposer des produits éthiques et bio. On a vraiment essayé de trouver des articles qu’on ne trouve pas normalement sur le marché. »

Dans un second temps, Cyrielle et Jeanne planifient d’élargir leur gamme avec des huiles de massage ou encore des tisanes pour les douleurs menstruelles.

Cyrielle : « On s’adaptera à la demande. On mettra l’accent sur ce dont les gens auront le plus besoin »

Et puis à l’avenir cher·e·s lecteur·rice·s, Bloom aimerait proposer des évènements et ateliers, donc n’hésitez pas à participer à leurs futures tables rondes !

Quand on demande à Elena ce qu’elle pense de ce nouvel espace, elle répond : « Je pense que Bloom est un projet vraiment important, surtout dans une société où la santé sexuelle, qui est une partie intégrante de la santé, est vraiment mise de côté. On en parle peu et on a toujours tendance à la limiter aux aspects négatifs, alors qu’en réalité elle comprend, d’après sa définition, un état de bien-être physique mental et social. Cela englobe beaucoup d’autres thématiques dont on ne parle jamais, je pense par exemple à l’identité de genre. Il est temps que l’on puisse en parler de manière ouverte, de normaliser ce dialogue. Ce genre d’activité, comme la vôtre, est en train d’ouvrir la voie pour que tout se passe bien ! »

Logo de Bloom

Si l’on regarde le logo de plus près, on remarque qu’il représente une orchidée. Ce dernier a été imaginé par Régine, graphiste à Berlin. Effectivement, le nom « Bloom » tire son origine de l’anglais et se traduit en français par « floraison » ou par « fleurir ». Ce mot nous renvoie bien évidemment aussi à son cousin allemand  » Blume « , ce qui tombe à pic dans une ville bilingue comme Fribourg.

Futurs projets

Les futures associées vont lancer un financement participatif sur les réseaux sociaux, d’ici fin avril à début mai.

Unimix : « Où en êtes-vous aujourd’hui et quelles sont les prochaines étapes ? »


Cyrielle : « Pour l’instant, on va gentiment lancer notre crowdfunding et mettre au point quelques détails. Nous sommes aussi à la recherche d’un local qui nous plait. »

Vous pouvez d’ailleurs retrouver Bloom sur Instagram et sur Facebook où Cyrielle et Jeanne sont actives pour parler de divers sujets tels que l’asexualité, la précarité menstruelle et bien d’autres encore.

Pourquoi parler de santé sexuelle aujourd’hui ?

Le sujet de la santé sexuelle a toujours été très peu mis en avant. Pourtant, cette thématique comprend une réflexion critique bien plus poussée que ce que l’on nous apprend à l’école. Cette dernière devrait être une thématique ouverte, qui laisse place au débat.

Elena qui se spécialise dans le travail avec des personnes présentant une déficience intellectuelle, nous donne son avis sur cette thématique:

« La santé sexuelle est rarement discutée dans le contexte du handicap. Il faut se rendre compte que pour la population générale il est déjà difficile d’en parler, alors obtenir et trier des informations quand on a une déficience, ce n’est pas évident.  Finalement, c’est une population qui a beaucoup moins accès aux informations et qui a beaucoup moins d’intimité.  Sans oublier que des difficultés physiques rendent aussi les choses plus compliquées. » Un espace ouvert à tous et à toutes, comme « Bloom », sera d’une grande aide pour ceux qui ont plus de difficultés à obtenir de telles informations.


Ainsi, notre discussion nous a mené à la conclusion qu’en Suisse, peu d’espace sont mis en place pour aborder ce sujet librement. Avoir une bonne éducation sexuelle veut donc dire avoir une meilleure connaissance de nos droits, mais également réduire la violence dans les relations et rehausser la confiance en soi. Cette conversation a permis à nos trois invitées de discuter autant de l’aspect santé et éducationnel que de l’aspect psychologique. Pour notre part, on admire les deux jeunes femmes, qui viennent de finir leurs études, et qui se lancent déjà dans un projet personnel autant inspirant !

En attendant l’ouverture de Bloom, cher·e·s lecteur·rice·s, nous vous invitons à aller écouter cette discussion en entier sur notre Sound cloud.

Si vous êtes intéressé·e·s par Bloom on vous invite à aller jeter un coup d’œil à leur page Instagram et Facebook. L’espace sera ouvert à tout le monde, alors qui vous soyez, n’hésitez pas à leur rendre visite et n’oubliez pas le financement participatif que vous retrouverez bientôt sur leurs réseaux sociaux.

Instagram : @bloom_sexualities

Facebook : Bloom

                                                                                                    Manon Becker

S’écouter, se surpasser : la musique chez Ouroboros

Consuelo pour la chronique musique
Photographe Théo Hasler (17.01.2020)

L’Ensemble Ouroboros de Fribourg regroupe des musiciens amateurs et professionnels entre 18 et 35 ans. Unimix rencontre Donia Hasler et Frédéric Zosso pour en savoir plus. Fondatrice, présidente et flûtiste, Donia est assistante diplômée auprès de la Faculté d’Histoire contemporaine Unifr. Frédéric, chef en charge et professeur de saxophone au conservatoire, obtenu le diplôme en direction d’orchestre de la Hochschule der Künste Bern et entamée la carrière internationale, il se distingue sur la scène musicale fribourgeoise. Répétitions à un rythme soutenu, organisation d’événements, crise sanitaire, rien ne peut arrêter ces jeunes animés d’une passion pour les challenges.


UNIMIX : « Donia, quand et comment as-tu eu cette idée et quels étaient tes objectifs au départ ? »

DONIA : « Tout a commencé en 2018. J’avais envie de jouer dans un orchestre amateur, mais il n’y avait pas de place dans ceux déjà existants à Fribourg. J’en ai parlé avec d’autres étudiants qui à l’époque étudiaient la musicologie avec moi. On s’est fixé les objectifs de créer un nouvel ensemble et de faire découvrir un répertoire sortant du mainstream, en profitant de notre approche scientifique au sein d’une commission musicale. »

U : « Quelle est la signification du nom Ouroboros ? Y a-t-il un lien avec la conception à la base de l’orchestre, voire de la musique ? »

D : « Il s’agit de l’ancien dragon qui se mord la queue, symbole du renouvellement continu. Le comité administratif était à la recherche de quelque chose de différent, pas forcément en italien, en français ou un jeu de mode. Ceci est sorti par hasard, mais en discutant on s’est rendu compte qu’il correspond à la représentation d’un ensemble de jeunes. Puis, la musique en soi est l’art dynamique par excellence. »

U : « Combien de saisons avez-vous organisées à ce jour ? »

D : « Jouées trois, planifiées cinq. Le Covid nous a obligés à renvoyer deux productions. En remontant à rebours, les derniers concerts titrés Sueños y Ritmos ont eu lieu en janvier 2020 au Collège Gambach. Le programme comprenait des œuvres de Tomás Bretón, Edward Elgar, Joaquín Turina, Arturo Márquez, et notamment le Concierto de Aranjuez de Joaquín Rodrigo, pour lequel nous avons invité Pierre Meyer en tant que soliste à la guitare. En juin 2019, c’était le tour des compositeurs nordiques, comme Jean Sibelius et Johan Svendsen. En janvier 2019, le concert symphonique s’est axé autour de Gioacchino Rossini. »

U : « Comment soutenez-vous financièrement tous ces projets ? »

D : « On a plusieurs sources : les subventions publiques comme la Loterie Romande ou la Ville de Fribourg, les collectes après les événements, un système de membres-ami.e.s., ou encore les cotisations des musiciens. »

U : « Merci Donia pour cet aperçu à 360 degrés. Or, Frédéric, on te retrouve également sur le podium devant l’harmonie La Cordiale de Neyruz et la brass-band L’avenir de Barberêche-Courtepin. Comment es-tu tombé sur Donia ? Qui a cherché qui ? »

FRÉDÉRIC : « Dans le cadre de mes études à Berne, j’ai beaucoup discuté avec mon ami et mentor Philippe Bach à propos de mon futur de chef. Il ne m’a prospecté que deux options : soit partir à l’étranger, soit créer un orchestre. Puis, un autre collègue du conservatoire m’a dit avoir vu passer un email d’une certaine Donia qui voulait lancer un ensemble nouveau. J’ai sauté sur l’occasion et j’ai pris contact avec elle. Les destins se sont croisés. »

U : « Combien de stress y a-t-il à gérer pendant la préparation d’un concert ? Comment s’entraîne un chef et prépare-t-il son groupe ? »

F : « Avant la session, la plupart du stress se concentre autour de la gestion de l’effectif. Tout comme son nom, cet ensemble est assujetti au renouvellement continu des musiciens amateurs, vu que la majorité d’entre-eux est prise par l’uni. Cependant, il faut s’adapter, puisque les absences peuvent devenir nombreuses et graver sur le résultat collectif. Par contre, les jeux sont faits pendant le concert, donc il n’y a qu’à prendre plaisir. »

U : « Quelles sont les qualités d’un bon chef ? Que préfères-tu de ton métier ? »

F : « Ce qui me parle le plus c’est l’authenticité du chef, comment il est devant son orchestre, comment il essaie de tirer le maximum de chaque interprète autant au niveau musical que proprement humain. Pour moi, l’essentiel est être à l’écoute, transmettre confiance aux musiciens, leur donner envie de se surpasser. Il faut trouver l’énergie de répéter des passages mille fois, soigner les détails, équilibrer les cordes avec les vents, faire sortir chaque voix. Pour un concert comme Sueños y Ritmos, il faut maîtriser l’aspect rythmique de la musique latine, afin que tout le monde joue avec de l’émotion. Quand on parle de musique, on ne peut pas tricher. Les chefs sont confrontés au défi de se remettre toujours en question, mais c’est ça qui rend véritablement unique ce métier. »

U : « Comment êtes-vous en train de faire face à la situation actuelle et à l’avenir qui se profile ? »

F : « On ne se laisse pas abattre. On est en pleine session de musique de chambre pour préparer des enregistrements vidéo à diffuser sur les réseaux sociaux. Pour l’été, on a déjà plusieurs solutions. »

U : « Il ne nous reste donc qu’à vous adresser les meilleurs vœux pour vos projets futurs ! »

Envie de rejoindre l’ensemble ? Prends contact avec Ouroboros !

www.ensemble-ouroboros.ch

info@ensemble-ouroboros.ch

Ecoute l’interview et les extraits musicaux :

Titeuf, c’est aussi pour les adultes

Comment je me vois le samedi soir depuis des mois

Le cinéma définit, d’après nos conceptions bien précises sur la chose (et un peu selon l’Académie française et son dictionnaire à jamais inachevé) un lieu de visionnage de films, ou par extension, l’industrie qui produit lesdites œuvres. Quand on songe au cinéma, on pense à Hollywood, aux strass, aux paillettes (ou à Christian Clavier, c’est selon). Les quelques intellos-cinéphiles dans notre entourage parleront de fictions asiatiques — mais étrangement peu de celles de Bollywood — ou de films de genre, voire des studios de Babelsberg. Les médias eux s’extasieront devant la rétrospective d’un.e obscur.e réalisateur.trice diffusée dans une petite salle parisienne ou s’interrogeront sur le fait que quelques actrices aient osé monter les marches de Cannes pieds nus. (Sérieusement, laissez les gens s’habiller comme iels veulent. S’il vous plait.) Mais personne ne vous parlera des séries de votre enfance.

Alors, théoriquement, l’article qui suit ne pourrait pas réellement entrer dans la sacro-sainte catégorie des « critiques de film », des rétrospectives ou même des comptes-rendus de festivals. (D’ailleurs, Unimix vous emmènera au FIFF cette année, ne ratez pas ça !)

Pourquoi ? Et bien parce que flûte ! Et aussi parce que, faute de pouvoir m’amuser en visionnant des nouvelles productions ou des classiques dans les salles obscures, j’ai recommencé à me nourrir visuellement et émotionnellement de dessins animés. (Paie ta déprime.)

C’est enfantin, peu développé intellectuellement, mais ça fait drôlement du bien.

Mesdames, Messieurs, voici une déclaration d’amour non sponsorisée à TFOU, CanalJ et Mabulle.

Les dessins animés de notre enfance : ces génériques inoubliables

On peut reprocher bien des choses aux génériques : trop longs, trop courts, entêtants ou au contraire, passablement moyens. Généralement, ils sont assez marquants, histoire que nos esprits ne puissent plus qu’assimiler une telle chanson à un tel film. On tente de donner une ambiance à ces sonorités qui devront alors nous laisser imaginer tendrement ce de quoi sera fait le film. Sincèrement, qui ne ressent pas un frisson en entendant un piano jouer ces quelques notes qui nous emmènent instantanément à Poudlard ? Ou n’assimile pas Hans Zimmerman à un gladiateur surprotéiné dans une arène en images de synthèse ? (Note qu’en vrai iels n’ont pas utilisé de fond vert pour le film.)

On a toustes vibré.e.s au moins une fois, et on vous voit, les fanatiques du Seigneur des Anneaux qui partent dans un délire quasi mystique sur May it be d’Enya.

S’il est admis de chantonner (ou plutôt massacrer — le commun des mortels étant plutôt de ce côté-là du lyrisme) Skyfall d’Adele, siffloter paisiblement qu’un jour vous serez le.a meilleur.e dresseur.euse de Pokémon vous fera passer, au mieux, pour un.e grand.e gamin.e, au pire, pour une personne potentiellement échapper d’Arkham.

Accepter que nous ayons tous et toutes gardé en nos mémoires un vague souvenir de ces musiques, c’est approuver que d’une certaine manière elles nous ont marqué.e.s. Un jour, l’enfant que nous étions s’est imaginé.e battant la campagne avec un cheptel de Carapuce ; et vous savez quoi ? C’est très bien !

Ces petites chansons de notre jeunesse nous trottent facilement dans la tête — elles débarquent d’ailleurs souvent sans crier gare (pendant un entretien d’embauche ou un cours de marketing) — et nous devons leur accorder un certain sens du rythme passablement captivant pour des marmots.

(On repassera pour les paroles dans certains cas, mais qu’est-ce que la poésie à 8 ans ?)

On peut même donner à certains thèmes musicaux un point particulier pour la capacité à promettre un dessin animé doux et rigolo avant de brutaliser nos espoirs enfantins avec des drames existentiels. Franchement, la chanson de Rémi sans famille, c’est de la publicité mensongère. On nous montre un bambin heureux qui court dans des nuages roses pleins de petites étincelles… Vous la sentez l’arnaque ?

Je suis sans famille.
Et je m’appelle Rémi
Et je me balade.
Avec tous mes amis.

Des mondes fantasmés mais des petit.e s aventuier.ère.s en devenir

Il faut cependant souligner que les dessins animés ont pu avoir tendance à présenter une vision de la société totalement déconnectée de la réalité. Dans ma lente, mais très claire régression télévisuelle (merci, le semi-confinement et le manque de contacts sociaux), il m’est souvent arrivé de m’offusquer des situations absurdes, voire totalement irréelles, dans lesquelles se retrouvent les personnages. Certes, les séries d’animation sont faites pour les enfants (et pas pour les adultes en quête de réconfort) et il est plus facile de faire croire au petit Mathéo, 7 ans, que les chats et les souris peuvent devenir proches qu’à des adultes. Mais nous devons tout de même souligner que certaines choses sont fondamentalement improbables et espérer que les enfants ne seront pas trop influencé.e.s par ce qu’iels voient à la télé. Florilèges :

  1. Dans Scooby-Doo, Sammy a toujours faim et est constamment victime d’hallucinations dues à sa consommation excessive de Scooby-snacks (fourrés à la drogue), mais ses ami.e.s ne semblent pas s’en inquiéter et le suivent sans souci dans ses délires. De même (et on ne va pas se mentir) dans la vraie vie, si un fantôme apparait dans le couloir de votre immeuble, vous fuyez. VRAIMENT. Vous ne partez pas chercher de quoi fabriquer un piège à ectoplasme pour finalement découvrir que votre concierge se déguise en mort-vivant pour récupérer le trésor enterrer dans la cave.
  2. À la fin de la série Marcelino pan et vino (attention, divulgâchage), le gamin meurt, emporté par le Christ crucifié qui prenait la poussière dans le grenier (personnellement je trouve ça très creepy). Pourtant, les seuls à avoir l’air un tantinet attristés sont les animaux de la forêt. Les moines s’en fichent, le prieur se contente de souligner que le jeune orphelin est allé rejoindre sa mère. MAIS UN PEU DE TRISTESSE, BON SANG. Croire à la résurrection le jour du Jugement dernier, d’accord, mais un tel manque de réaction, c’est particulièrement inquiétant.

Après, nous pourrions aussi insister sur le nombre assez gigantesque de dessins animés diffusés durant les émissions pour enfants qui ont tout pour attirer les petits (graphisme doux, couleurs chatoyantes), mais n’ont rien à faire dans les programmes qui leur sont dédiés.

Qui ? Qui est la personne totalement inconsciente qui s’est dit qu’Adventure Time était un bon dessin animé pour les mioches ?

Mais mis à part ces petites désillusions que l’âge adulte provoque face aux séances télé de notre jeunesse, il y avait tout de même de sacrées merveilles dans ces programmes et les moments de rêveries tout comme l’inspiration qu’ils nous offraient ne sont pas négligeables.

Qui n’a pas eu envie de faire de sa maison un palais pour petit.e.s pirates après un épisode de Fifi Brindacier ? Ou qui n’a pas transformé un carton de déménagement en vaisseau spatial pour rejoindre Albator dans les étoiles ?

Personnellement, je me souviens de deux dessins animés qui ont façonné mon imaginaire enfantin et qui aujourd’hui me replongent dans la douceur de mes samedis matin à l’école primaire. Je les regarde encore volontiers enroulée tel un sushi dans un plaid moelleux et pourrais même les pointer du doigt comme étant les facteurs déclenchants de ma passion pour l’histoire.

Dans les Mystérieuses cités d’or, on découvre les civilisations précolombiennes (avec un instant documentaire à la fin de chaque épisode). Certes, tout n’est pas exact ou crédible (comment Esteban, Zia et Tao parviennent-iels à communiquer ?) et les Olmèques ressemblent quand même drôlement à des personnages d’un « documentaire » sur History Channel après minuit.

Mais nous devons quand même donner un point à cette série pour nous permettre de visiter un autre continent et d’autres cultures que ce qui est usuellement présenté par les séries pour enfants et pour chercher à intéresser les plus jeunes à d’autres périodes historiques que le présent ou le temps des chevaliers.

Parlant de chevaliers, l’autre dessin animé qui m’a marqué est Rougemuraille. Basée sur les romans de l’anglais Brian Jacques, la série nous emmène dans un univers de fantasy animalière. Fleur-de-maïs, Matthias et leur fils Mattiméo vivent dans un Moyen Âge haut en couleur. Sans quitter le caractère enfantin de l’histoire (c’est un dessin animé avec des animaux en armure, tout de même), la série n’omet toutefois pas les côtés sombres de la vie et les personnages peuvent ainsi mourir à l’écran ou connaitre de graves accidents (la famille du héros a, par exemple, été tuée lors d’un incendie).

(Pour voir l’épisode 1, c’est par ici : https://www.youtube.com/watch?v=Qy6oM3NufpU)

(Après, il reste quand même l’énigme de Courage le chien froussard. Plutôt qu’une machine à rêve, ce programme était une vraie usine à cauchemar pour la poule mouillée que j’étais.)

Je pourrais écrire encore plusieurs paragraphes pour vanter l’importance des dessins animés pour les enfants comme pour les adultes, mais il me semble que cet article est déjà bien trop long et qu’il part, ma foi, dans tous les sens.

Je ne dirai plus que deux choses. La première, c’est qu’en ces temps de culture agonisante, si les dessins animés sont toujours un moyen pour les plus jeunes de découvrir le monde, ils sont actuellement, pour les grands, une manière de se reconnecter avec une part de leur être faite de rêves et de candeur, à défaut de vivre la catharsis du théâtre ou l’excitation du grand écran.

Et deuxièmement, sachez que quoi qu’il arrive, Albator veille sur la galaxie !

Anouck Fellay

L’UNES fête ses 100 ans 

(l’interview a été réalisée à la fin de l’année 2020)

Pour cet évènement Unimix a eu la chance d’accueillir, Laurent Woeffray, membre du comité exécutif de l’UNES, responsable de la politique des hautes écoles et des affaires publiques, au sein de ses locaux pour une interview.

Véritable porte-parole des étudiant-e-s depuis 1920, l’Union des étudiant∙e∙s de Suisse est l’une des principales associations estudiantines dans notre pays. L’UNES est représentée par un comité exécutif varié avec des membres venant de tout horizon et de filières différentes. L’association est d’ailleurs présente dans toutes les grandes villes de Suisse : Lausanne, Neuchâtel, Genève, Zurich, Berne et Bâle.

Laurent nous explique en quelques mots : « L’UNES représente environ cent mille étudiantes et étudiants des universités cantonales, des hautes écoles spécialisées, des hautes écoles pédagogiques et des écoles polytechniques fédérales. L’UNES défend les intérêts des étudiant∙e∙s envers la politique et d’autres acteurs du domaine des hautes écoles ».


L’engagement politique de l’UNES

Plus précisément, l’UNES permet de mettre en lumière toutes les problématiques inhérentes aux études dans le monde politique. Pour citer Laurent « L’UNES compte un très bon réseau au sein du parlement. Nous sommes représentés et écoutés, notamment chez les parlementaires ». Pour ce faire, l’UNES est en contact avec les offices fédéraux, avec des organisations sociales et siège dans tous les organes nationaux relatifs aux hautes écoles.

L’UNES, comme l’explique Laurent, c’est avant tout une organisation qui met en avant les préoccupations et les thématiques qui touchent le plus les étudiant∙e∙s. Parmi celles-ci, on retrouve notamment la thématique de la santé mentale, de l’égalité entre les genres, de la durabilité, du logement et du handicap. Pour l’interview, Jessica et Manon en ont retenues quelques-unes :


« The Students Minds Project »

En 2020, l’UNES a lancé une campagne nationale « The Student Minds Project » pour mettre en lumière la problématique de la santé mentale des étudiant∙e∙s des hautes écoles suisses. Ce projet s’est fait en collaboration avec l’association des étudiant∙e∙s en médecine de Suisse « SWIMSA », ainsi qu’avec l’association « MindMap » de l’université de Bâle. L’UNES a mis sur pied des ateliers, des séances de médiation et a également mis à disposition un carnet d’adresse de personnes à contacter en cas de besoin.

Laurent : « Ce que la pandémie a démontré une fois de plus c’est que l’UNES est très appréciée comme plateforme pour échanger. On a réalisé qu’il y avait un besoin d’échanger sur certaines questions qui se posent dans les hautes écoles pour savoir ce qui se passe bien et ce qui se passe mal et comment est-ce qu’on peut convaincre des rectorats de prendre des décisions en faveur des étudiants et des étudiantes. En plus de ça l’UNES peut apporter un certain poids envers les rectorats ».

D’ailleurs si toi, lecteur ou lectrice, tu te sens concerné-e par cette thématique, on t’invite à aller sur le site de l’UNES pour obtenir plus d’informations ou pour contacter un des spécialistes de la santé mentale. Mental Health | VSS UNES USU (vss-unes.ch)


« Éducation pour toutes et tous – maintenant ! »

Toujours en lien avec la santé mentale et les études, l’UNES a lancé en octobre 2020, la campagne “Education pour toutes et tous maintenant” visant à permettre aux personnes exilées de poursuivre leur cursus interrompu par la fuite. L’UNES a, dans ce cadre, lancé une pétition pour améliorer l’accès à l’éducation et soutient par ailleurs le projet Horizon Académique de l’Université de Genève qui propose une année de passerelle pour ces réfugié∙e∙s qualifié∙e∙s. 

UNIMIX : Pourrais-tu nous expliquer vos revendications et quelles sont les différentes phases d’actions de cette campagne ?

Laurent : « Notre projet Perspectives – Etudes a lancé une campagne avec le Syndicat du Secteur Public (SSP) et Solidarité Sans Frontières. La pétition devrait être présentée en été prochain donc nous encourageons tout le monde qui ne l’a pas encore fait de la signer. L’objectif est de sensibiliser le public sur les sujets d’accès aux études pour les réfugiés qualifiés, de reconnaissance de diplôme mais aussi de mobiliser et mettre en réseaux les activistes et mener des actions de lobbying politique au sein et en dehors du parlement. Si deux ou trois initiatives sont couronnées de succès, nous pouvons réellement changer quelque chose au niveau structurel. »

ERASMUS

Dans leurs projets pour la nouvelle année 2021, l’UNES a créé une pétition pour une pleine adhésion de la suisse à  Erasmus+ dès 2021 et ainsi offrir l’opportunité à tous les étudiant∙e∙s qui le souhaitent de prendre part à un programme d’échange.


Alors cher∙e∙s lecteur∙rice∙s,

Si désormais tu veux en savoir plus sur l’UNES nous t’invitons à écouter notre podcast sur Soundcloud mais aussi à faire un tour sur le site internet de l’UNES où tu trouveras un calendrier des prochains événements. Tu peux également retrouver l’UNES sur les réseaux sociaux. Et si cet article t’a donné envie de rejoindre l’association, n’hésite pas à les contacter.

« N’importe quel étudiant ou étudiante peut rejoindre le comité exécutif, d’ailleurs nous sommes à la recherche de membres du comité et membre pour la coprésidence, donc si vous êtes motivés n’hésitez pas », Laurent Woeffray.  

Pour écouter l’interview:
https://soundcloud.app.goo.gl/rH8fqHewE3CtaJzYA

Twitter: @VSSUNESUSU

Instagram: VSS_UNES_USU

Facebook : @vssunesusu 

Jessica et Manon

« The Student Minds Project »

Un secret pour résoudre ses problèmes

Pour soigner une brûlure, une verrue ou vos angoisses, si vous faisiez appel non pas à un.e médecin.e, mais par un.e particulier.ère possédant un don spécial ?

En Suisse romande, on les appelle coupe-feu ou faiseur.euse.s de secret selon la région. Des dénominations qui semblent mystiques au premier abord. Il s’agit en fait de personnes qui guérissent leurs patient.e.s par de courtes formules ou des prières. Il n’y a pas d’explication scientifique à cette alternative à la médecine « conventionnelle » : les faiseur.euse.s de secret ne font pas partie du monde académique et ne sont en rien des professionnel.le.s de la médecine.

Quelques caractéristiques du secret

Éthiquement, le principe d’aider celleux dans le besoin prime. Ces personnes ne perçoivent donc pas de rémunération pour leurs services. Chaque faiseur.euse de secret possède sa spécialité : objets ou animaux perdus, mais aussi blessures, hémorragies pour n’en citer que quelques-unes. Un seul coup de téléphone, un SMS ou un courrier mentionnant son problème et ses informations personnelles suffisent au détenteur.trice du secret pour émettre une formule. Plutôt arrangeant à une époque où tout se fait à distance et moderne pour une pratique traditionnelle.

Comme dans tous milieux, l’escroquerie évolue dans l’ombre. Les annonces en ligne prolifèrent et demandent une rémunération, bien que cela soit contraire à la déontologie du milieu. D’autres demandent des paiements sans transmettre une formule valable. Pour éviter les arnaques, il est possible de se référer à la liste officielle des faiseur.euse.s de secret.

Historiquement, la médecine traditionnelle et populaire ne date pas d’aujourd’hui. On parlait par exemple de druides dans le monde celtique puis de sorcières pendant l’Inquisition. Si l’aspect mystérieux du secret peut attiser la curiosité, il suscite également une forme de suspicion envers celleux qui y croient. L’Histoire montre d’ailleurs qu’on a eu plutôt tendance à condamner les personnes possédant ce don.

Le secret dans le milieu hospitalier et dans la société

Bien que peu étudié par le monde académique, le secret n’est pas une pratique taboue, bien au contraire. Au CHUV par exemple, on peut trouver des practicien.ne.s du secret auprès des grand.e.s brûlé.e.s. Le personnel soignant ne rejetant pas l’utilisation de ces obscures traditions pour soulager la douleur de celleux qui souffrent le plus.

Ces praticiens et praticiennes sont surtout connu.es du grand public par le biais du bouche-à-oreille, mais bénéficient parfois d’une belle couverture médiatique. Gisèle* nous raconte par exemple: « J’en ai entendu parler grâce au bouche-à-oreille et aux émissions sur les hôpitaux qui font appel à eux. Sinon, j’ai assisté à la conférence d’un guérisseur valaisan.»

Aujourd’hui encore les détracteurs parlent d’effet placebo. Cet argument est toutefois mitigé par la thèse du Dr. Nicolas Perret, qui montre l’effet placebo ne peut pas constituer la seule explication quant à l’efficacité des formules. La clé du secret réside alors en celleux qui le possèdent. Et personne d’autre ne risque de l’obtenir : il est formellement interdit de divulguer le secret… du secret.

Alors, qu’on y croie ou pas, les faiseur.euse.s de secret ont encore de beaux jours devant elleux !

La liste : https://www.flavie.ch/upload/editor/faiseurs-secrets-suisse-romande.pdf

*Nom connu de la rédaction

Sources

Fournier, C. A. (2017). La pratique du secret ou comment aller mieux quand les réponses institutionnelles ne suffisent plus? Le cas de l’Hôpital du Valais (Suisse). Aller mieux: Approches sociologiques, 253.

KASSER, S. (2014). Place des faiseurs de secret au Centre des Brûlés du CHUV. Université de Lausanne.

Le mystère des faiseurs de secrets (2019) https://houseofswitzerland.org/fr/swissstories/societe/le-mystere-des-faiseurs-de-secret Consulté le 29.01.2021

Perret, N. (2009) Place des coupeurs de feu dans la prise en charge ambulatoire et hospitalière des brûlures en Haute-Savoie en 2007. Médecine humaine et pathologie.

https://www.illustre.ch/magazine/georges-delaloye-guerisseur-sexprime-secret
http://www.medecine.unige.ch/enseignement/apprentissage/module4/immersion/archives/2007_2008/travaux/08_p_secret.pdf